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Madame, Monsieur,
Cette proposition de loi me rappelle le vieux dicton : "
faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais"
ou plutôt ce que je n'ai pas osé faire hier.
Vous souhaitez aujourd'hui
avec plus de vigueur que lorsque vous étiez au gouvernement obtenir
pour les étrangers non communautaires le droit de vote aux élections
locales ainsi que leur éligibilité, des lors qu'ils auraient 5ans
de résidence régulière en France.
Le motif de votre
démarche étant pour résumer votre long plaidoyer que ce serait le
meilleur moyen de favoriser leur intégration. Je commencerai mon
bref exposé par l'analyse du projet et le terminerai par celle de
l'objet de votre texte.
Sur le projet je
ferai quelques critiques.
1/ Si dans l'exposé
des motifs vous précisez bien qu'il s'agit d'étrangers résidant
régulièrement en France je ne retrouve plus cette précision dans
le texte que vous voulez intégrer à la constitution. Le juge constitutionnel
pourrait ultérieurement y voir une contradiction avec la loi qui
elle le préciserait.
2/ Selon votre
texte l'étranger non communautaire aura plus de droits que l'étranger
de la communauté européenne. Peut-on admettre que le Luxembourgeois
ou l'Espagnol soient électeurs et éligibles uniquement aux élections
municipales (sans mandat exécutif ) ou aux élections européennes
alors que l'Américain des Etats Unis ou l'Angolais pourraient
être élus et éligibles en mairie au conseil général ou régional
avec mandat exécutif. Ne voyez-vous pas les dérives qui pourraient
s'ensuivre dans des secteurs ou des populations étrangères sont
majoritaires. Si majoritairement elles ne veulent pas la nationalité
et contestent la république que se passera t'il d'après vous?
Le risque pour la cohésion nationale est trop fort d'autant qu'avec
la décentralisation le pouvoir des collectivités locales va être
renforcé.
3/ Pour terminer
cette première analyse je conteste fortement ce principe soit
disant généreux qui consiste a donner sans accord de réciprocité
un droit a un ressortissant étranger qui en revient a l'autoriser
a voter deux fois quand le citoyen français ou européen ne votera
qu'une fois. Et que dire de la dévalorisation du droit de vote
accordé aux étrangers ayant réussi un vrai parcours d'insertion
en devenant français?
J'en viens maintenant
à l'objectif affiché de votre proposition.
Vous affirmez que
notre politique d'intégration doit concerner les étrangers installés
en France depuis un certain temps et que leur refuser le droit de
vote est un déni d'intégration. Je suis surpris qu'après tant d'années
de gouvernement vous découvriez cette évidence que notre politique
d'intégration concerne les étrangers.
Je
comprends dès à présent pourquoi cette politique a si peu réussi.
Cette proposition de loi est en fait de votre part un aveu d'échec
et une bataille d'arrière garde pour vous donner bonne conscience.
Depuis que j'exerce
des responsabilités politiques ou associatives dans les quartiers
a forte population étrangère j'ai du répondre à des demandes très
nombreuses de logement d'emploi de sécurité de secours d'école ou
les enfants peuvent réussir… mais jamais de droit de vote. Cela
m'a toujours semblé le cadet de leur souci.
Car des problèmes
ils en ont comme tous ceux qui vivent autour d'eux, mais qui ont
le droit de vote et qui ne l'utilisent même plus tant ils sont certains
que la république n'est pas faite pour eux.
Alors le droit de
vote facteur d'intégration ? Sûrement le jour ou la sécurité,
la justice, le social, l'emploi, le logement, l'école de la réussite
seront à la portée de tous dans ce pays, Français comme étrangers.
Ce doit donc être
l'aboutissement d'une démarche et non un préalable. Et cette démarche
pour l'instant la France n'a pas su la faire réussir à nombre de
ceux qu'elle à accueillis sans compter mais qu'elle à jetés pêle-mêle
dans nos quartiers nous laissant le soin à nous élus locaux et associatifs
de compenser l'insuffisance et l'inadaptation de ses institutions
pour tenter cette mission d'intégration.
Je ne voterai donc
pas cette proposition de loi qui au delà de son objectif purement
politicien relève plus de l'incantation que d'une conviction ou
d' une volonté.
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