|
Retour
Interventions sur
les articles
et amendements
Métaux
lourds
Amiante
Carrières
|
Étant le
dernier à intervenir, madame la ministre, plus qu'un discours, je
vous ferai quelques observations en tant qu'élu de terrain. I
l était urgent que
vous proposiez ce projet de loi prévoyant des mesures de prévention
des risques technologiques, la législation en la matière étant insuffisante,
voire inexistante. Il était aussi urgent de faire évoluer les textes
relatifs aux catastrophes naturelles, car
la loi Barnier nous a fait faire un grand pas en ce domaine mais
des difficultés d'application sont apparues, ainsi qu'un certain
nombre de lacunes.
De ce texte, bien
sûr, on aurait pu attendre bien des choses. J'ai entendu
de nombreux discours qui réclamaient plein de projets. L'ennui,
c'est que l'on risquait aussi d'attendre beaucoup plus longtemps.
Vous avez pris la décision de présenter ce projet. On ne peut que
vous en savoir gré, car il apporte tout de même un grand nombre
de réponses.
Sur
quatorze villes de ma circonscription, dix sont concernées par le
problème des zones inondables, cinq par les effondrements des carrières
souterraines, trois par les glissements de terrain, une par la pollution
industrielle du sol et des bâtiments, notamment par l'amiante, et
quatre par la pollution des métaux lourds. C'est dire
si nous attendions avec impatience des avancées dans les domaines
dont nous débattons aujourd'hui.
Sur
les deux derniers points, j'aurais aimé des réponses un peu plus
précises, notamment sur les métaux lourds,
qui, la ville de Paris ayant eu la délicatesse de nous envoyer ses
eaux usées pendant plus d'un siècle, polluent les plaines agricoles
de plusieurs communes, ce qui fait que nous n'avons plus le droit
d'y cultiver quoi que ce soit, ni même d'ailleurs d'y habiter. Il
faudra sans doute qu'ultérieurement des textes se préoccupent de
l'indemnisation de ces zones agricoles.
Pour
l'amiante, nous attendons toujours
une solution pour l'entreprise Eternit. Toute utilisation des bâtiments
et des terrains est pour l'instant bloquée, en raison des difficultés
à trouver une réponse économique à une telle situation. Je reviendrai
peut-être sur les zones inondables s'il me reste un peu de temps
de parole.
Je
voudrais d'abord aborder le problème des carrières
souterraines et des effondrements. Votre texte y apporte
enfin une réponse, elle était attendue par de très nombreuses personnes,
pas seulement dans ma circonscription, mais dans bien des villes
et certainement aussi dans des communes où l'on n'imagine
pas encore que le risque est très présent.
La loi Barnier avait
prévu au départ qu'en cas de danger pour des gens habitant sur une
zone de carrière risquant de s'effondrer, donc dans les zones
rouges des PPR, il y avait expropriation afin d'éviter que les personnes
restent sur une zone dangereuse. Les parlementaires ont
considéré que cette proposition était intéressante, puisqu'elle
comblait un vide juridique, mais ils auraient
trouvé intelligent que l'on puisse aussi utiliser le fonds de prévention
des risques pour combler les carrières lorsque de telles mesures
de prévention sont moins onéreuses que des mesures d'expropriation.
Le Gouvernement
a bien retenu la première partie de l'amendement parlementaire,
à savoir l'utilisation du fonds si les mesures d'expropriation sont
moins onéreuses que les mesures de prévention, et cela fut voté,
mais pas la seconde. Ainsi, pour prendre l'exemple de ma circonscription,
sur 140 pavillons concernés par les zones rouges, c'est-à-dire une
situation de danger, seuls quelques dizaines ont pu bénéficier de
la procédure d'expropriation. Lorsque les mesures d'expropriation
sont plus onéreuses que les mesures de prévention, c'est-à-dire
le comblement des carrières, rien n'est prévu pour l'instant !
Le Président
: Veuillez conclure Monsieur Cardo
Autrement dit, voilà
une loi qui était faite pour mettre hors de danger les populations
concernées par les zones rouges, mais qui n'a réglé qu'une partie
du problème. Votre texte, dans son article 26, apporte
enfin la réponse, j'y reviendrai lors de l'examen de cet article.
J'avais insisté auprès de Mme Voynet pour essayer d'obtenir une
amélioration du texte, et je voulais être reçu pour exposer les
raisons profondes pour lesquelles les populations avaient besoin
d'une réponse dans ce domaine.
Sans avoir eu besoin
d'insister, je trouve dans ce projet de loi une réponse à ce dramatique
problème, qui a déjà causé de nombreux morts par chez moi. Je vous
en remercie.
|