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Age
Education
nationale
Effets
de substitution
Finances
locales
Intégration
des la Fonction publique
Police
nationale
Secteur
marchand
Solvabilisation
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Nous nous retrouvons
aujourd'hui, en 2e lecture du projet de loi relatif au développement
d'activités pour l'emploi des jeunes dont nous avons discuté il
y a 3 semaines.
Au nom du Groupe
UDF j'étais amené à demander alors le renvoi en commission de ce
texte pour des motifs de fond que j'ai longuement exposés et développés.
Le débat au Sénat et les modifications apportées à ce texte démontrent
qu'il soulève des problèmes de fond qui,
manifestement, n'ont pas été débattus suffisamment puisque nous
observons que, entre le texte initial, le texte renvoyé par le Sénat
et le texte que notre commission souhaite défendre aujourd'hui et
voir voté, il y a des variations pour le moins importantes.
En seconde lecture,
malgré ces variations laissant apparaître des problèmes qui vont
toucher la philoophie même du projet. La Commission des Affaires
Sociales, culturelles et familiales n'a pu consacrer qu'une heure
de débat à ce texte, au cours duquel nous avons achoppé sur des
principes et pas seulement sur des modalités de mise en œuvre. Ceci,
vu l'importance des problèmes, est totalement insuffisant.
Vous avez considéré
que ce texte, profondément remanié, manquait
maintenant de cohérence. Manifestement, vous n'en comprendriez plus
la logique. C'est ce type d'arguments qui fût
échangé en commission en début de réunion. Il me semble que cette
appréciation que vous portez est relativement injuste dans la mesure
où la grande modification apportée par le Sénat est normale car
c'est le texte initial qui entretient lui la confusion. C'est d'ailleurs
pour ça que j'avais demandé le renvoi en commission en première
lecture.
Je vais donc reprendre,
sommairement les motifs de ce premier renvoi en commission. Tout
d'abord, j'avais soulevé la notion d'utilité sociale.
L'utilité
sociale qui, par définition, concerne des activités qui relèvent
du secteur non-marchand et pour lesquelles on ne peut donc parler
de solvabilisation à terme. C'est pourtant ce que vous
avez affirmé comme principe au-delà des 5 ans.
Comme
solvabilisation, dans ce cas, je n'en vois qu'une, c'est l'impôt.
Qu'a fait le Sénat par rapport à ce problème de fond ? Il est allé
au fond dans les créneaux de la solvabilisation, à savoir, il cite,
dans les activités potentielles, les nouvelles technologies, l'économie
mixte, le logement et a même rajouté ce que l'on avait peut-être
omis, l'humanitaire.
Le
2e point que j'avais soulevé c'était l'article 2 qui prévoit que,
dans la police, c'est l'Etat qui recrute et, pourquoi pas m'avait-on
dit, et c'est notamment le cas non seulement dans la demande de
renvoi en commission, mais aussi dans la discussion des articles,
pourquoi pas l'Education Nationale.
Notre crainte évidemment,
dans ce débat, était que la loi prépare
un transfert en direction des collectivités territoriales
qui expliquerait ainsi, pour l'Education nationale notamment, ce
que vous entendez par solvabilisation. Le Sénat l'a compris car
il est plus proche que nous encore des collectivités locales par
essence.
Et
comme Monsieur le Ministre de l'Intérieur l'avait lui-même dit lorsque
nous l'interrogions sur les raisons qui faisaient que la police
faisait l'objet d'un article 2 et pas le reste, "parce qu'on ne
peut laisser recruter en fonction de la richesse des collectivités
locales ", en parlant de la police.
Le Sénat a compris
et a intégré, en contrat de droit public rattaché à l'Education
Nationale, les emplois jeunes. Normal, ils doivent être qualifiés.
Les Sénateurs ont rajouté la justice
ce qui est logique, les médiateurs pénaux auraient fini dans les
mairies quant à eux en termes de financement.
Par
contre, ce qui mérite débat c'est votre désir, affirmé après le
débat en première lecture, d'intégrer ces
jeunes dans la fonction publique sans concours.
Cela me paraît,
pour le moins, délicat. Si vous aviez accepté les 35 heures ou les
32 heures, peut-être auriez vous donné le temps à ces personnels
contractuels, de préparer les concours pour intégrer la fonction
publique comme tout le monde au lieu de donner l'impression d'un
passe-droit.
Troisièmement,
les effets de substitution.
Vous le savez, ils ont déjà eu lieu pour les CES et les emplois
ville. Le Sénat a rétabli mon amendement
sur les emplois ville, limitant, pour les jeunes de niveau IV et
Vbis, le recrutement sur vos emplois. Ceci permettrait
que les jeunes diplômés soient réservés à l'Education Nationale,
la police et la justice et les autres, les moins qualifiés aux autres
employeurs. Ils
auraient eu une place garantie.
La commission l'a
refusé. C'est dommage car, finalement, le Sénat avait fait une synthèse
qui était intéressante entre les exigences des uns et des autres
et on reconnaît bien là la sagesse de cette assemblée.
Le
quatrième point que j'avais soulevé, c'était l'âge.
C'est un aspect important dans l'affichage pour vous. Des emplois
en quantité pour les jeunes et, bien évidemment, il faut faire vite
parce qu'on a beaucoup annoncé lors de la précédante campagne et
il ne faut pas désespérer.
Mais les
adultes sont absents dans tout cela. Veut-on qu'ils jouent
leur rôle dans la société ou non ? On va combler, à hauteur de 350.000
jeunes les besoins non satisfaits dans l'utilité sociale, secteur
encore non reconnu il y a peu et aujourd'hui manifestement mal défini,
et on attend le futur plan de cohésion sociale pour y envisager
les adultes. Que va-t-il leur rester ?
Si
faire espérer les jeunes est un devoir, cela l'est tout autant pour
les adultes aujourd'hui.
Bien des emplois
leurs seraient sans doute beaucoup plus adaptés qu'aux jeunes. Pour
des raisons que j'approuve, vous donnez un signal fort une nouvelle
dimension de la lutte contre le chômage. Mais pour des raisons que
je ne saisi pas, et probablement que je ne pourrais que condamner,
vous allez exaspérer nombre d'adultes, chômeurs de longue durée,
tout de suite. Sous peu, vous allez désespérer les jeunes non qualifiés
qui verront ce dispositif leur échapper, pris d'assaut par les plus
qualifiés et, ensuite, les plus qualifiés recrutés qui, dans les
années prochaines, se seront fourvoyés dans un secteur qui n'était,
pour l'essentiel, pas fait pour eux.
Cinquième
observation, les finances locales.
Les communes qui ont le plus de chômeurs sont souvent les moins
riches. C'est elles qui devraient utiliser le plus le dispositif
si l'on veut qu'il marche. Elles ne le pourront pas. Aussi, le Sénat
a-t-il repris mon amendement,
déjà déposé pour la cohésion sociale, puis pour la première lecture,
de modulation de l'aide publique.
Par ailleurs, pour les villes ayant un potentiel fiscal inférieur
de 30% à la moyenne nationale, une participation plus forte était
prévue. C'est, là encore, refusé par la commission.
Et pourtant, le
Sénat n'était que sur un amendement qui, pour moi, n'était qu'un
amendement de replis. Car puisque nous sommes entre partisans de
la décentralisation, j'aurais bien voulu qu'on débatte d'avantage
de la création de fonds départementaux
permettant de capitaliser les économies réalisées sur les dépenses
passives du chômage. C'était donner plus de pouvoir au
plus près du terrain. Cela aussi a été refusé en première lecture.
Et pourtant, à
lire leurs déclarations dans la presse locale, je pense que mes
collègues BAERT et HASCOET ne me démentiront pas sur ce sujet. C'est
pour cela que l'intégration des adultes était intéressante. La modulation
ne coûtait rien à l'Etat. Au lieu de cela, toute compensation que
vous seriez amenée à faire le sera sur une dépense supplémentaire
et non sur une économie. Où est la logique budgétaire ?
Sixième
observation, pour terminer. Le Sénat a proposé d'aller plus loin
vers le secteur marchand. Tout
d'abord en intégrant les activités à cheval entre l'économique et
le social. Au passage, il a oublié les entreprises
d'insertion lui aussi. Celles-là, vous n'en voulez pas.
Alors que, pour
le dispositif d'aide à domicile, vous voulez à la fois, je cite
: " Interdire les emplois pour services rendus aux personnes physiques
à leur domicile ", mais les autoriser pour "le développement et
l'animation de services aux personnes répondant à des besoins émergents
ou non satisfaits ".
Question, ces services
aux personnes, s'ils ne sont pas à domicile, sont déjà prévus au
début de l'article1, alors pourquoi le réécrire ? Puisque le cas
général doit être "émergent ou non satisfait ", le cas particulier
l'est à fortiori. Mais cela n'est que de la littérature, voir du
détail. Cependant, les débats n'ont pas permis d'éclairer vos contradictions
sur ce terrain et d'y apporter une réponse souhaitable, voire indispensable,
avant la sortie d'un texte aussi important.
Ce qui a posé le
plus de problèmes pour vous et a fait l'objet de nombreux commentaires,
concerne semble-t-il, l'ouverture des contrats au secteur marchand
et l'organisation du transfert des activités du secteur non marchand
au secteur économique, par le Sénat.
Où est le problème
? Que des libéraux puissent se préoccuper de la logique de l'intervention
de l'Etat en direction de l'entreprise devrait vous satisfaire ?
Le
libéralisme, sauf à le vouloir sauvage, n'est pas la réduction
du rôle de l'Etat, mais son optimisation.
C'est manifestement
ce qu'a voulu faire le Sénat. Cela a fait l'objet pourtant de commentaires
en commission. Pour le passage du marchand au non marchand, ce que
vous appelez la solvabilisation de vos emplois à 5 ans, n'a-t-il
pas la réponse dans le texte sénatorial ? C'est la reprise, par
le marché, de ces activités non solvables au début.
C'est bien vous
qui l'exprimiez lors de la 1ere lecture alors que, de mon côté,
je m'échinais de vous dire que l'utilité
sociale est du service public et qu'il n'y a d'autres solvabilisation
que par l'impôt. Ce qui signifie des contrats à durée
indéterminée et des financements garantis d'autant.
Si ce n'est cela,
c'est le Sénat qui a raison, où alors, c'est un transfert de charges
en direction des collectivités locales.
Mais là où effectivement,
le Sénat est allé trop loin c'est qu'il prévoit que les entreprises
de moins de 11 salariés pourront recruter ces emplois sur 5 ans
avec l'aide de l'Etat. Surprenant ? Non, simplement, le Sénat a
anticipé le second volet de votre plan 700.000 emplois et il a bien
visé.
Car, qui
en France aujourd'hui, peut créer le plus d'emplois et ne le fait
pas en raison du coût salarial trop élevé, la toute petite entreprise
! Pourquoi le CIE n'a pas créé beaucoup d'emplois nets ? Parce qu'il
a été utilisé, pour beaucoup, par la grosse entreprise qui n'a pas
besoin de créer l'emploi pour produire plus, mais a juste besoin
d'augmenter sa productivité. Donc, ce dernier point vous prend de
court.
Pour conclure, je
dirai :
- Premièrement
que le Sénat, dans sa sagesse, nous a renvoyé un texte qui répond,
prend l'essentiel de ce qui a motivé ma première demande de renvoi
en commission.
- Deuxièmement
qua la sage Assemblée a réussi à réunir, en un seul texte, le
plan Emploi ville, le volet emploi de la cohésion sociale et la
synthèse des deux volets des 350.000 emplois chacun de votre propre
plan.
- Troisièmement,
il a par-là même, supprimé le risque de transfert de charges,
le risque de substitution, le risque de confusion avec la fonction
publique et réservé une grande part du dispositif aux jeunes en
situation de faible employabilité.
- Il l'a ouvert
aux adultes en chômage longue durée et c'est enfoncé dans votre
faiblesse, celle de la confusion sur la notion d'utilité sociale
qui lui permet, puisque vous parlez de solvabilisation, d'y réintégrer
la notion d'entreprise.
Il me semble que
tout cela justifie un renvoi en commission car le débat reste ouvert
et ne peut être tranché avant que la conférence sur l'emploi n'ait
eu lieu, nous apportant l'éclairage des partenaires sociaux que
nous n'avons pu encore auditionner sur un sujet qui, manifestement,
maintenant les concerne.
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