XIe Législature Projet de Loi n° 2938

Sécurité quotidienne


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Intervention en séance

Pierre Cardo, invité d'Europe 1

Ecoutez l'intervention d'Europe 1

Ce projet de loi n° 2938, défendu au nom du Gouvernement, par le Ministre de l'Intérieur, est censé, à en croire le rapporteur Bruno LE ROUX (rapport n° 2996) répondre aux exigences quotidiennes des Français en matière de sécurité.

"La sécurité est un droit. Elle conditionne l'exercice des libertés. Elle participe à la lutte contre l'inégalité sociale, car les comportement délinquants, les vols et les violences s'exercent d'abord au détriment des plus défavorisés."

Or, en réalité, dans le texte proposé, il n'en est rien comme le soulgne Pierre CARDO dans son intervention et dans un communiqué de presse :

Proposer un texte qui se préoccupe essentiellement de la vente d'armes à feu, de l'implantation des armureries, de la contrefaçon des moyens de paiement, des chiens dangereux et de l'immigration clandestine sur le transmanche, fait un peu brocante et publicité mensongère et masque difficilement la misère du projet en matière de sécurité pour le pays.

Il ne suffit pas d'affirmer des grands principes comme "la sécurité est un droit et conditionne l'exercice des libertés" ou encore, les comportements délinquants s'exercent d'abord au détriment des plus défavorisés". Si aucune mesure concrète ne vient appuyer ce discours, le texte reste éloigné des préoccupations quotidiennes des Français.

Aucune réponse n'est apportée aux problématiques lourdes d'insécurité quotidienne que sont les insultes, les menaces, le rackette, les violences collectives, les zones de non-droit, les trafics, le rajeunissement de la délinquance ou encore les dysfonctionnements de nos institutions sur le terrain.

Pour Pierre CARDO qui s'est exprimé en tant que porte-parole de Démocratie Libérale, il aurait fallu répondre à un certain nombre de défis :

La réponse à l'insécurité passe par la remise à plat complète de notre système préventif et répressif

  • l'école primaire qui amène 1/3 des enfants dans les quartiers sensibles à ne savoir lire, écrire et compter,
  • la responsabilisation des parents qui abandonnent l'éducation des enfants à la rue,
  • des pratiques sociales qui déresponsabilisent les parents,
  • le renforcement des moyens pédopsychiatriques, l'implication des brigades fiscales dans les quartiers,
  • une vraie politique pénale en direction des mineurs dans chaque département,
  • l'adaptation de l'ordonnance de 1945 et l'abaissement de la responsabilité pénale des mineurs de 13 à 10 ans,
  • une vraie loi permettant de lutter efficacement contre les émeutes sanctionnant tous ceux qui y participent, une reconnaissance du rôle du maire dans la conception et le suivi de la mise en œuvre des politiques préventives et répressives sur la commune …

Au lieu de tout cela, le texte proposé se borne à une énumaration de problèmes, certes intéressants, mais déconnectés de la réalité.

Ce sont ces raisons qui ont amené le Groupe Démocratie Libérale et Indépendants à voter contre ce texte.