Interventions en Séance

Débat parlementaire sur les insfrastructures


Intervention en séance du 20 mai 2003

Infrastructures routières

Transports en commun

Batellerie

M'exprimer en 5 minutes, sur l'ensemble des problèmes d'infrastructures de l'ensemble de la Région Parisienne, relève de l'exploit. Je ne ferai que survoler certains d'entre eux, attisés par le rapport de la DATAR.

Commençons donc par les infrastructures routières.

L'Ouest parisien souffre dans ce domaine d'un retard considérable. Le bouclage de la Francilienne (Méry sur Oise - Orgeval) indispensable n'est toujours pas réalisé. Le seul tracé retenu passait en pleine zone urbaine et lors du premier débat public, dans les années 90, ne faisait l'objet d'aucune protection.

En 1996, je proposais un projet alternatif réaliste qui évitait les zones urbaines et reprenait, en fait, le tracé initial des années 50. Sommairement étudié, il fut écarté en raison de l'intégration du coût d'un tunnel jugé nécessaire pour protéger la forêt de Saint Germain en Laye alors que pour les milliers de riverains de l'actuel tracé, les protections restent potion congrue.

Depuis, siles riverains de l'A14, une autre autoroute voisine, ont eu droit, eux, à leur tunnel mais ceux de l'A 104 toujours pas. Pourtant, le rapport de la DATAR démontre que le coût de l'A 104 est inférieur aujourd'hui à celui prévu par Bernard PONS, lorsqu'en avaient été négocié la protection en tranchée couverte.

Il est vrai que la région Ile de France a décidé de supprimer les crédits prévus pour la protection des riverains au motif que cela arrêterait l'autoroute. On voit aujourd'hui l'efficacité et la cohérence de cette décision du Président de la Région. C'est ce qui s'appelle une politique de l'autruche, sauf que celle-ci garde au moins ses plumes pour se protéger lorsqu'elle met la tête sous terre. Les riverains risquent maintenant d'avoir l'autoroute sans protections. Ils ne sauraient, sans doute,trop remercier Monsieur HUCHON pour ce résultat

L'autre aspect incohérent du projet est que ce n'est pas un bouclage de la Francilienne. Il s'agit d'une rocade et son seul débouché, à Orgeval, est un cul de sac, le trafic état contraint à reprendre l'A13, radiale déjà saturée, jusqu'à Rocquencourt (Radiale), puis une autre radiale, l'A 12, pour rejoindre Saint-Quentin en Yvelines, si l'on n'a pas perdu patience. Où est la logique ?

Sur ce dossier, j'espère Monsieur le Ministre que vous ouvrirez une vraie concertation permettant l'étude réaliste des tracés alternatifs et la comparaison de leurs coûts avec ceux du tracé actuel, mais incluant pour celui-ci aussi mes protections maximales.

Les autres infrastructures routières permettant de désengorger la Région Parisienne dans sa partie Seine-Aval sont le C13 qui est une radiale puis le F13 qui est une rocade. Alors que la DATAR prévoit 30 à 40 000 véhicules jour sur ce tracé, soit bien plus que d'autres projets jugés plus prioritaires, leur construction est repoussée au-delà de 2020.

Or le C13, projet vieux de 50 ans, reste le seul axe capable de soulager l'A 13 et l'A 15, de faciliter le développement économique de la Seine-Aval durement touché au plan industriel depuis 30 ans et supprimer des milliers de voitures et de camions qui traversent des communes sinistrées et qui mettent en danger des milliers d'habitants. En matière de sécurité routière, cet abandon est un mauvais exemple.

Le F13 est le seul projet préfigurant la 3e rocade autour de Paris, autorisant le contournement du trafic interrégional par l'ouest parisien.

Sans ces 3 infrastructures, indispensables, ce seront à nouveau l'A 86 saturée, la Francilienne mal bouclée et des départementales inadaptées qui subiront l'afflux supplémentaire de trafics multiples.

Parlons maintenant des transports en commun. Des trains en nombre insuffisant et d'une qualité discutable ne permettant toujours pas une liaison transversale, départementale ou interdépartementale. Pour se rendre à Versailles, par exemple, quand on habite Conflans-Sainte-Honorine (15 km, pas plus), il faut transiter par Paris. A quand une grande ceinture ?

De plus, si la SNCF dessert parfois la grande banlieue et seulement sur un axe Paris-Province, la RATP ne concerne pas la plupart d'entre nous. Par contre, le déficit des lignes de transport routier, souvent les moins rentables, nous incombe fortement et leur desserte dépend donc de la richesse des collectivités locales et de la rentabilité aléatoire des trajets.

Pendant ce temps, Paris, oubliant son rôle de capitale, et les contraintes que cela suppose et bénéficiant des énormes investissements qu'on réalisé la RATP et la SNCF, avec des financements nationaux, mène une politique d'exclusion de la voiture. Hier elle expédiait, en grande couronne, le surplus d'habitants qu'elle ne voulait plus loger, mais les emplois, les taxes professionnelles, la RATP et bien d'autres services publics n'ont pas suivi.

La grande banlieue reste encore une grande oubliée de l'aménagement et des financements. C'est, en tout cas, ce que ressent le Maire de la Noé à Chanteloup que je suis, en observant son homologue Delanoé, Maire de Paris, qui non content de bénéficier des infrastructures, équipements et richesses de la ville capitale voudrait en éloigner le banlieusard mal desservi, sans se préoccuper des conséquences de sa politique pour la grade couronne.

Pour terminer mon propos, j'aborderais rapidement le problème des prisonniers de la Seine. Je veux parler des mariniers de la Seine-aval. A une époque ou on parle écologie, sécurité des transports, économie d'énergie, développement européen, on ne peut relier rentablement les pôles économiques de Rouen à Paris au reste de l'Europe par les fleuves.

Voila des années que toute une profession et des élus du nord de la France aux Yvelines se battent pour obtenir la liaison Seine-Nord. Et la DATAR, dans son rapport, émet des réserves sur ce maillon essentiel de liaison fluviale. J'espère, Monsieur le Ministre, que votre connaissance du dossier vous permettra de balayer l'avis d'une technocratie un peu déconnectée des réalités.

La batellerie et le transport fluvial ont perdu Rhin-Rhône, nous comptons sur vous pour sauver Seine-Nord.