|
R. Monsieur
le Président, Messieurs les Députés Monsieur le Député Pierre Cardo,
J'ai
été sensible à votre question. Elle me rappelle effectivement nos
discussions, il y quelques semaines, lors de l'examen du projet
de loi relatif aux risques technologiques et naturels. Elle me rappelle
aussi la circonscription dont je suis élue puisque j'ai la particularité
d'être l'élue d'une zone inondable avec des inondations qui peuvent
causer de grands dommages.
Alors,
les dispositions qui conditionnent la mise en oeuvre des Plans de
Prévention des Risques sont, de toute manière, vous l'avez noté,
profondément remaniées par la loi que nous avons examinée. Concertation
et réduction des vulnérabilités sont plus que jamais
à l'ordre du jour et c'est en fonction de ce nouveau contexte que
je souhaite vous répondre.
Vous
venez de le dire, les crues présentent
des caractéristiques très différentes. Elles ont une
cinétique plus rapide dans le sud de la France, dans des régions
dites cévenoles, avec les conséquences qui peuvent en résulter pour
la sécurité des populations. A Anduze, dans le Gard, en 24 heures
687 litres d'eau par m² sont tombées début septembre 2002.
Mais
on ne peut pas, pour autant, minimiser
l'impact d'une crue de plaine. Les images de Prague,
de Dresde de l'été dernier qui résultent de crues dites lentes,
ne sont pas oubliées. Les crues de Seine,
dont on peut prévoir la survenance avec quelques journées d'anticipation,
mettent certes, à priori, peu en péril les populations. On peut
les évacuer. Les dommages qu'elles sont susceptibles d'engendrer,
estimés aujourd'hui à plus de 10 milliards d'€ en région parisienne
pour une crue similaire à celle de 1910, sont cependant tels qu'ils
justifient un effort collectif pour éviter de nouvelles implantations
dans des zones inondables et diminuer la vulnérabilité des implantations
et infrastructures existantes.
Il
ne faut pas multiplier les implantations de populations qui ensuite
auront à être évacuées. Les PPR traduisent dans les faits ces exigences
par des prescriptions d'urbanisme et de construction.
Le
législateur a prévue que ces plans puissent être appliqués par anticipation
afin d'éviter de nouvelles implantations dans les zones inondables
dans l'attente de l'approbation définitive des plans.
D'après
les études qui ont été menées, l'influence
de la procédure de PPR sur la valeur des biens déjà construits est
généralement faible alors qu'elle forte sur les terrains non bâtis
lorsqu'elle affirme leur non constructibilité. Ces terrains inondables
sont moins valorisables que les terrains ne présentant pas ces risques.
Il n'est pas illogique que les prix reflètent cette différence,
qui est objectivée et non pas créée par les PPR.
Les
bases fiscales, lorsqu'elles sont actualisées,
ne peuvent que tenir compte des prix pratiqués.
La
loi du 13 juillet 1982 sur l'indemnisations des biens assurés suite
à catastrophes naturelle a en revanche
prévue que les risques de catastrophes naturelles seraient assurés
sur la base d'un taux de prime unique. Le PPR n'a donc pas d'influence
sur les tarifs d'assurance correspondant et il n'y a
pas été observé de modulations fortes des primes de base en fonction
de l'exposition aux risques d'inondations.
S'il en était différemment et si la loi du 13 juillet 1982 n'était
pas appliquée, je ne pourrai qu'encourager les assurés qui seraient
victimes de telles pratiques, à en saisir les pouvoirs publics ou
les tribunaux.
Il
m'est enfin apparu important - et je parle là aussi en ma qualité
d'élue d'une zone inondable - de revoir
les conditions de mise en œuvre des PPR pour améliorer leur acceptabilité.
J'ai travaillé, depuis que je suis arrivée, à faire progresser le
système dans deux directions : plus de concertation - c'est ce que
vous souhaitez - et plus d'argent.
La
petite loi sur les risques où vous avez été très présent dans cette
nuit comme vous me le rappelez, instaure,
une obligation de concertation au niveau départemental entre les
représentants de l'Etat et les élus sur les PPR. Cette
concertation est à même de dénouer un certain nombre des conflits
que vous avez, fort justement, soulignés.
Toujours
dans le domaine de l'amélioration de l'acceptabilité des PPR, vous
avez adopté alors une disposition permettant
au Fonds de Prévention des Risques Naturels de financer les travaux
de prévention prescrits par les PPR approuvés. Le taux de financement,
envisagé par le gouvernement, sera de 30% et non de 25%
- le Premier Ministre a récemment accepté de le revoir à la hausse.
Ce co-financement permettra à des crédits non budgétaires -et j'insiste
sur ce point - d'intervenir pour réduire la vulnérabilité des biens
et aussi pour mieux protéger les populations les plus exposées aux
risques.
Nous
aurons, Monsieur le Député, l'occasion, au cours des lectures ultérieures,
peut-être, pourquoi pas, d'améliorer encore ce texte.
|