|
R. Le Gouvernement
a décidé d'apporter une réponse durable
à la question des pensions et retraites versées aux anciens combattants
de l'armée française, originaires d'Etats antérieurement placés
sous la souveraineté de la France. L'accession à l'indépendance
de ces pays, à partir de la fin des années cinquante, a eu pour
conséquence de priver de la nationalité française les anciens combattants
qui en bénéficiaient ; les pensions militaires d'invalidité et de
retraite et les retraites du combattant dont ils étaient titulaires
ont alors été transformées, aux dates d'accession à l'indépendance
de ces Etats, en allocations viagères « cristallisées ».
Cette
« cristallisation » a eu pour
effet de geler les montants de ces allocations sur la base du barème
en vigueur à la date de l'indépendance de ces pays.
Il s'agit aujourd'hui pour la France de marquer sa reconnaissance
et sa solidarité à l'égard de ceux qui ont servi avec abnégation
et courage sous le drapeau français et se sont illustrés sur tous
les champs de bataille pour le défendre.
Ainsi,
l'article 68 de la loi n° 2002-1576 du 30
décembre 2002 portant loi de finances rectificative pour 2002 met-il
fin à la cristallisation. Le dispositif législatif mis
en place traduit cette volonté de reconnaissance des sacrifices
consentis par les anciens combattants d'outre-mer, selon une méthode
équitable qui assure à tous les anciens combattants les mêmes moyens,
quel que soit leur pays de résidence, suivant le mécanisme des parités
de pouvoir d'achat. Ce mécanisme est d'autant plus juste, honnête
et transparent qu'il est adossé à un barème régulièrement mis à
jour par l'ONU.
De
plus, chaque situation individuelle sera
améliorée par une majoration forfaitaire de 20 % là où la parité
du pouvoir d'achat n'apporterait aucun avantage supplémentaire
ou aurait même entraîné une diminution de la valeur du point ; une
rétroactivité sera effectuée sur quatre
années, conformément au principe de la déchéance quadriennale ;
les droits individuels sont réouverts, ce qui permettra aux invalides
de faire constater d'éventuelles aggravations de pathologies
pensionnées ou de pathologies nouvelles et aux veuves de percevoir
une pension de réversion ; des mises à niveau ultérieures seront
effectuées sur la base de l'évolution future des parités du pouvoir
d'achat ; les anciens combattants qui le souhaitent pourront choisir
de percevoir en une seule fois un capital global et forfaitaire
en fonction de leur âge et de leur situation familiale, de préférence
aux versements viagers actuellement en vigueur.
Enfin, il convient encore de préciser que 78,45 millions d'euros
de crédits ont été inscrits en loi de finances initiale pour 2003
afin d'amorcer ce processus qui est ainsi conforme aux principes
d'équité et d'égalité tels qu'ils ont été posés par l'arrêt Diop
rendu en novembre 2001 par le Conseil d'Etat. Les textes d'application
de ces dispositions législatives seront pris au cours du premier
semestre 2003 afin que la décristallisation entre rapidement en
application concrète.
|