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R. Le garde
des sceaux a l'honneur d'indiquer à l'honorable parlementaire qu'il
considère effectivement que les dispositions
actuelles de notre droit pénal ne sont pas satisfaisantes en ce
qu'elles ne prennent pas en compte l'hypothèse dans laquelle une
faute d'imprudence ou de négligence, notamment commise à l'occasion
d'un accident de la circulation, provoquerait des blessures entraînant
la perte d'un foetus.
Cette
question a été examinée à plusieurs reprises par le Parlement, lors
des débats concernant la loi du 12 juin 2003 renforçant la lutte
contre la violence routière et de ceux concernant la loi du 9 mars
2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité.
À ces occasions, ont été adoptés, soit par le Sénat, soit par l'Assemblée
nationale, des amendements d'origine parlementaire complétant le
code pénal afin d'incriminer spécifiquement de tels faits.
Ces
dispositions ont toutefois soulevé de très vives discussions lors
des débats, en étant présentées par certains comme une remise en
cause indirecte des dispositions sur l'interruption volontaire de
grossesse. Si cette critique paraissait en réalité procéder d'un
malentendu sur les objectifs et les effets des modifications envisagées,
il demeure que ces modifications étaient
de nature à influer sur la responsabilité pénale des professionnels
de la santé, et notamment des médecins obstétriciens,
et de rendre de ce fait plus difficile le travail de ces derniers.
C'est pourquoi le Parlement a en définitive, à la demande expresse
du Gouvernement, décidé à deux reprises de ne pas retenir ces amendements.
La
réflexion doit ainsi se poursuivre entre les différents ministères
concernés, et notamment le ministère de la santé, afin de déterminer
s'il convient de réformer notre droit pénal dans cette matière particulièrement
délicate et douloureuse
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