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Q. Monsieur Pierre
CARDO appelle l'attention de Monsieur le Ministre des Affaires étrangères
sur la situation de Madame Ingrid BETANCOURT, ancienne députée
colombienne et aujourd'hui sénateure de Colombie (la sénateure
la mieux élue dans son pays).
Candidate
déclarée aux élections présidentielles en Colombie, elle s'est distinguée,
tout au long de son activité parlementaire, par une lutte très forte
contre la corruption et le trafic de drogues. Cet engagement a fait
qu'elle a été enlevée, lors d'un de ses déplacements de campagne,
par les FARC, le 23 février dernier. Il lui rappelle les attaches
très fortes de Madame BETANCOURT avec la France. Elle y a fait une
partie de ses études et a épousé un Français, dont elle a 2 enfants.
A
défaut d'autres solutions, contraires au droit international, il
lui demande de lui indiquer les mesures concrètes que le gouvernement
français entend prendre avec le Président Uribe pour l'aider à rétablir
un dialogue avec les rebelles, seule solution pacifique possible
pour permettre la libération de milliers d'otages détenus par les
FARC, dont Ingrid BETANCOURT
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R. Le
ministre des affaires étrangères s'est rendu en Colombie le 29 novembre
dernier. Il a rencontré longuement le président Alvaro Uribe Velez,
ainsi que les principaux membres de son gouvernement, et notamment
sa collègue Mme Carolina Barco. Il s'est par ailleurs entretenu
avec les représentants des familles d'otages et, en particulier,
avec la famille de Mme Ingrid Bétancourt, retenue contre
son gré depuis le 23 février dernier par la principale guérilla,
les FARC.
L'enlèvement
et la séquestration prolongée des otages sont des crimes inacceptables.
La communauté internationale ne saurait rester passive devant ces
pratiques qui endeuillent la Colombie. Les Colombiens doivent assumer
la responsabilité de leur destin.
Le
gouvernement français a exprimé clairement
sa disponibilité pour les aider à rechercher les moyens de mettre
fin à ce conflit cruel. Déjà, il s'était impliqué fortement,
avec d'autres, dans la facilitation des processus de paix avec les
guérillas, conduits par le prédécesseur du président Uribe. Il appuie
aujourd'hui la volonté du gouvernement colombien, fondée sur une
politique de fermeté, de rechercher une solution négociée
en sollicitant, notamment, les bons offices du secrétaire général
des Nations unies. Le gouvernement français appuie cette approche,
dans la mesure où elle combine le renforcement de l'autorité de
l'Etat et l'ouverture au dialogue avec les groupes armés illégaux.
Il
reconnaît la légitimité, pour rétablir la paix civile en Colombie,
d'une politique de sécurité efficace et respectueuse des droits
de l'homme, à laquelle une coopération dans des domaines comme le
renforcement institutionnel ou la lutte contre le trafic de drogue
doit être apportée. La possibilité d'un
appui technique de la France à la substitution de cultures par reforestation,
priorité du président Uribe pour lutter contre la production de
drogue, est à l'étude.
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