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Les lois dites de « cristallisation » intervenues depuis 1958
ont transformé les pensions de retraite et d'invalidité des ressortissants
des territoires accédant à l'indépendance en indemnités non révisables
ni réversibles. Ces dispositions, bien qu'elles soient moins
rigoureuses que celles décidées par d'autres anciennes puissances
coloniales, qui ont totalement suspendu le reversement des pensions
de ces ressortissants, paraissent cependant aujourd'hui inéquitables.
Ainsi, le Gouvernement a-t-il rétabli, par l'article 109 de la loi
de finances pour 2001 complété par les articles 131 et 132 de la
loi de finances pour 2002, le droit à la retraite du combattant
pour les ressortissants des pays concernés titulaires de la carte
du combattant et remplissant par ailleurs les conditions d'âge
exigées par le code des pensions militaires d'invalidité et des
victimes de la guerre de même que le droit pour les veuves à la
réversion des pensions militaires d'invalidité.
Une
commission tripartite chargée d'étudier les mesures permettant la
revalorisation des rentes, retraites et pensions cristallisées a
en outre été mise en place, en application de l'article 110 de la
loi de finances pour 2001. Cette commission, née d'une initiative
parlementaire et unanimement souhaitée, remettra son rapport
au Premier ministre dans les prochaines semaines.
Dans
ce contexte, il est nécessaire d'analyser la portée de la décision
DIOP récemment rendue par le Conseil d'Etat dans une affaire concernant
le droit à la retraite d'un ancien militaire sénégalais ayant servi
dans l'armée française : la haute juridiction y condamne, certes,
comme étant contraire à l'article 14 de la Convention européenne
des droits de l'homme, toute discrimination fondée sur la seule
nationalité.
Elle
rappelle cependant que la législation des Etats peut faire légitimement
application d'une différence de traitement à condition toutefois
que celle-ci soit fondée sur des justifications objectives et raisonnables.
Le
Gouvernement entend par conséquent réfléchir, dans le cadre des
propositions que lui présentera la commission tripartite, à la question
de savoir si cette position nuancée pourrait être compatible
avec une prise en compte de la différence de pouvoir d'achat des
pensions qui existe d'un pays à l'autre compte tenu des niveaux
de vie et des taux de change monétaires distincts. Il apparaîtrait
en effet équitable, s'agissant de revenus de remplacement ayant
pour objectif de permettre des conditions de vie dignes, de tenir
compte du coût de la vie dans le pays de résidence, extrêmement
différent d'un Etat à l'autre. Le secrétaire d'Etat à la défense
chargé des anciens combattants attache une particulière attention
à une évolution de ce dossier qui puisse permettre de rétablir ces
anciens combattants dans leurs droits.
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