Question
M.
Pierre Cardo appelle l'attention de M. le ministre de l'équipement,
des transports et du logement sur le fait que depuis un certain
temps les survols d'avions à relative basse altitude se multiplient
au-dessus des communes de la vallée de la Seine et notamment des
communes de Conflans, Maurecourt, Andrésy, Chanteloup et Triel
alors même que ces communes sont situées à une distance importante
de l'aéroport Roissy - Charles-de-Gaulle.
Ces
survols à basse altitude créent à longueur de journée et en soirée
d'importantes nuisances pour les habitants de ces communes, tant
sonores que d'odeurs de kérosène.
Il
lui demande de lui préciser les raisons de ce développement important
de trafic aérien à basse altitude et les mesures qu'il entend
prendre pour réduire les nuisances subies par les habitants qui
ont choisi de vivre dans des communes résidentielles.
Il
souhaiterait savoir également si des mesures d'aide à l'insonorisation
des immeubles sont prévues pour ces populations.
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Réponse
Les communes de
Conflans, Maurecourt, Andrésy, Chanteloup et Triel se situent
à proximité du flux des arrivés à destination de l'aéroport de Roissy
- Charles-de-Gaulle par condition de vent d'est. Cette configuration
est observée pendant 40 % du temps en moyenne annuelle mais peut
être prédominante à certaines périodes comme par exemple la deuxième
quinzaine de juillet. Ces communes peuvent en outre être concernées
par les avions en provenance ou à destination du Bourget ; le trafic
de cet aéroport a été particulièrement important durant le salon
international de l'aéronautique et de l'espace, occasionnant ainsi
des survols plus nombreux des communes citées. L'augmentation du
trafic sur l'aéroport de Paris - Charles-de-Gaulle (environ 6 %
au cours du premier semestre 1999) se traduit par une utilisation
plus importante de la procédure dite de " Guidage radar par le sud
" (GRS).
Il doit être souligné
que malgré la mise en service de la troisième piste de l'aéroport,
les modalités d'utilisation de cette procédure n'ont pas été modifiées.
En particulier, elle est interdite de 22 h 30 à 7 heures ; cette
disposition fait l'objet de contrôles réguliers de la part des services
en charge de la circulation aérienne.
Ainsi, lors de l'exploitation
des procédures d'atterrissage vers l'aéroport Paris - Charles-de-Gaulle,
les appareils sont à des altitudes conformes aux règles internationales
et se situent dans une fourchette allant de 90 à 1 400 mètres. Compte
tenu de la distance importante qui sépare les communes mentionnées
de l'aéroport de Paris - Charles-de-Gaulle, ces communes ne rentrent
pas dans les limites du plan de gêne sonore de cette plate-forme
et ne peuvent donc pas bénéficier du dispositif d'aide aux riverains
des aérodromes, instauré par la loi n° 92-1444 du 31 décembre 1992.
Ainsi que le ministre
de l'équipement, des transports et du logement l'a annoncé le 23
septembre 1997, la décision de réaliser deux nouvelles pistes sur
cet aéroport s'est accompagnée d'engagement sans précédents portant
sur la limitation du développement de la plate-forme, le contrôle
et la limitation des nuisances sonores.
Dans ce cadre, le
ministre s'est notamment engagé à ce qu'il n'y ait aucune autre
piste supplémentaire après la réalisation des deux nouvelles pistes
et à ce que la quantité globale de bruit générée par le trafic de
la plate-forme soit plafonnée au niveau observé au cours de l'année
1997, avant leur mise en service.
Par ailleurs, en
plus de l'interdiction des avions les plus bruyants, dits du " chapitre
2 " entre 23 h 30 et 6 heures, des restrictions complémentaires
ont été prises pour imposer de nuit aux avions d'ancienne génération
des procédures et trajectoires particulières de décollage, évitant
notamment le survol des communes en cause. Les professionnels du
transport aérien, pilotes, contrôleurs, compagnies, services en
charge de la circulation aérienne se sont en outre engagés à mettre
en oeuvre les mesures permettant de réduire l'impact de leur activité
sur l'environnement. Dans ce cadre, plusieurs études sont menées
dont une portera sur le relèvement de l'altitude d'interception
de l'axe d'atterrissage. Une telle mesure permettra, notamment la
nuit, d'augmenter l'altitude de survol des communes citées par l'honorable
parlementaire et ainsi de réduire les nuisances sonores ressenties
par les populations.
Enfin, adoptée définitivement
par l'Assemblée nationale le 29 juin dernier, la loi portant création
de l'autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires (ACNUSA)
qui a été publiée au Journal officiel du 13 juillet dernier, est
désormais applicable. Cette autorité, dont l'indépendance et l'impartialité
ont été affirmées, aura une compétence générale pour émettre des
recommandations sur toute question relative à la mesure du bruit,
à la maîtrise des nuisances sonores du transport aérien et à la
limitation de leur impact sur l'environnement. Elle sera en particulier
consultée sur les projets d'élaboration ou de modification des procédures
de départ, d'attente et d'approche aux instruments. En outre, elle
disposera d'un devoir d'information des riverains et d'un pouvoir
de sanctions. Le texte de loi prévoit en effet que l'autorité pourra
prononcer, sur proposition de la commission nationale de prévention
des nuisances, des amendes administratives d'un montant maximal
de 80000 francs - ce montant était auparavant de 50000 francs -
à l'égard de tout contrevenant aux règles de protection de l'environnement
des aérodromes instituées par arrêté du ministre chargé de l'aviation
civile. Cette prérogative de l'ACNUSA contribuera à renforcer le
dispositif mis en place en 1997 par le ministre de l'équipement,
des transports et du logement.
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