Question écrite au gouvernement

Législature : Xe (1996)
N° 41486

Question déjà posée sous la XIe


OBJET DE LA QUESTION :

Amiante - Fermeture de l'entreprise ETERNIT à Vernouillet et Triel-sur-Seine - Conséquences pour le salariés

Date de la Question

22.07.1996

Date de la Réponse

17.02.1997

Ministère interrogé

Travail et Affaires sociales

M. Pierre Cardo appelle l'attention de M. le ministre du travail et des affaires sociales sur la situation des entreprises productrices de produits contenant de l'amiante et notamment celle de la société Eternit a Triel-sur-Seine (Yvelines) et de ses 126 salaries.

La décision du Gouvernement d'interdire la fabrication et la commercialisation de produits contenant de l'amiante et donc l'amiante-ciment, à compter du 1er janvier 1997, mettant ainsi un terme a une politique d'utilisation contrôlée de l'amiante qui prévaut en France depuis 20 ans, met aujourd'hui gravement en danger ce site de production et les emplois de ce site, un des 5 en France de cette société belge qui emploie 1 200 personnes dans notre pays.

Si on doit regretter que la direction de cette société n'ait pas, depuis longtemps, anticipe cette décision en suspens depuis 1986, date d'une décision du BIT, non ratifiée par la France a ce jour, et maintenu, sans réorientation stratégique, la production de plaques d'amiante-ciment comme activité essentielle a Triel-sur-Seine, on doit se préoccuper, des conséquences pour les salaries et le budget de la commune qui, en cas de fermeture du site verrait une taxe professionnelle de 3 MF disparaître (50 p. 100 de la TP récolte) par une éventuelle fermeture du site.

En effet, même si les modalités précises ne sont pas connues, l'entreprise qui dispose encore de stocks, prevoit déjà des mesures de chômage technique, notamment en matière de production. Ces mesures de chômage partiel devraient être reconduites, après la fermeture estivale du site, déjà frappe, dans un passe récent par la crise du bâtiment et une baisse sensible des volumes, ayant entraîne une diminution importante des effectifs.

Devant cette situation grave résultant d'une décision du Gouvernement, il lui demande de lui préciser les mesures que le Gouvernement entend prendre, pour permettre aux entreprises concernées par la mesure de bannissement total de l'amiante, d'opérer leur reconversion et, plus particulièrement, pour les 126 salaries de l'entreprise Eternit de Triel qui seront inévitablement frappes par cette décision qui risque d'entraîner la fermeture du site afin d'éviter la création d'un chômage supplémentaire dans notre pays et de graves problèmes sociaux.

Le Gouvernement a décidé, le 3 juillet 1996, l'interdiction de la fabrication et de la commercialisation de produits contenant de l'amiante à compter du 1er janvier 1997.

Les sociétés concernées par la fabrication de ces produits doivent donc assurer à la fois une reconversion industrielle et un traitement de leurs sureffectifs. C'est le cas de la société Eternit installée sur six sites en France dont deux dans les Yvelines, a Vernouillet pour le siége et a Triel-sur-Seine pour une usine de production de tuyaux, celle-ci devant fermer en raison de l'impossibilité de concevoir un produit de substitution commercialisable. Cette décision de fermeture relève de la pleine responsabilité d'Eternit, l'Etat n'ayant pas autorité pour s'y opposer.

En revanche, le tribunal de grande instance des Yvelines, qui a été saisi par le comite d'établissement de Triel-sur-Seine àce sujet devra prochainement juger du bien-fonde de la fermeture.

Comme pour les autres sociétés, le Gouvernement s'est engage à la fois à prendre en charge une partie du financement de la reconversion industrielle et à accompagner la mise en place du plan social. S'agissant du plan social qui prévoit la suppression de 112 postes a Triel-sur-Seine et 47 a Vernouillet, le Gouvernement s'est engage à mettre en place des dispositifs de préretraites anticipées, à titre exceptionnel, sur la totalité des classes d'age concernées. Cela permet de traiter entièrement le sureffectif de Vernouillet. Pour Triel-sur-Seine, 59 salaries doivent bénéficier des mesures d'age, les 73 autres salaries devant obtenir, en priorité, des propositions de reclassement dans le groupe, en particulier sur les sites impliques dans la reconversion ou à défaut, des propositions de reclassement externe avec l'aide d'une cellule spécialisée dont l'Etat a accepte de prendre partiellement en charge le coût de fonctionnement.