Question
M.
Pierre Cardo appelle l'attention de M. le ministre de l'équipement,
des transports et du tourisme sur les importants problèmes
de nuisances sonores et de risques auxquels se trouvent confrontes
les habitants qui résident dans les nouveaux couloirs aériens
situes en approche de Roissy. Ainsi, la région de Conflans-Sainte-Honorine
(Yvelines) subit aujourd'hui les conséquences du développement
des liaisons avec les pays de l'est et de l'augmentation des flux
avec les sud-ouest et le nord-ouest. Une multiplication des survols
de cette région, d'avions en descente et en décélération
notamment, en sont la conséquence, sans que personne, localement,
n'ait jamais été consulte. Il lui demande de lui
préciser s'il serait envisageable d'associer désormais
les élus locaux a la procédure de définition
et d'ouverture des couloirs aériens entraînant des
nuisances pour les populations, éventuellement dans le
cadre d'une enquête publique, amenant les populations a
s'exprimer.
Par
ailleurs, il lui demande les mesures qu'il entend prendre pour
sauvegarder localement le cadre de vie d'une région qui
est en train, par de nombreuses mesures gouvernementales, de devenir
des banlieues de Roissy ou d'autres villes. Il en va ainsi du
projet d'autoroute A 184, du port autonome et de plate-forme multimodale,
de l'extension éventuelle de la station d'épuration
d'Achères... inscrits dans les documents officiels du schéma
directeur.
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Réponse
La région de Conflans-Sainte-Honorine
est susceptible selon les conditions météorologiques, d'être concernée,
d'une part par les appareils en provenance de l'Est, du Nord et
du Sud-Ouest qui vont atterrir sur l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle,
et d'autre part par certains appareils a destination de l'Ouest
et du Sud-Ouest. Les premiers aéronefs sont en descente, a puissance
de moteur réduite et a une altitude relativement peu élevée. Les
seconds appareils sont, en montée, àdes altitudes plus élevées.
Toutefois, il convient
de noter le trafic de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle évolue
régulièrement. Ainsi, les flux en provenance du Sud-Ouest et du
Nord-Ouest ont augmente ces derniers temps, ce qui peut expliquer
la sensation de gêne différente ressentie par les riverains. Par
ailleurs, en matière de nuisances phoniques, l'évolution du trafic
est régulièrement compensée par l'instauration de mesures réglementaires
françaises ou européennes concourant au retrait progressif des avions
les plus bruyants.
La redevance d'atterrissage
est modulée, depuis le 1er janvier 1994, en fonction de la classification
acoustique des aéronefs afin d'inciter les compagnies a renouveler
leur flotte. L'utilisation, en France, des avions à réactions subsoniques,
non certifiés acoustiquement, est interdite depuis le 1er janvier
1990. Depuis le 1er novembre 1990, l'immatriculation sur les registres
des Etats membres, d'avions non pourvus d'un certificat acoustique
conforme aux normes les plus sévères de l'organisation de l'aviation
civile internationale (aéronefs dit " chapitre 3 ") est interdite.
Les aéronefs dits " chapitre 2 " (aéronefs certifiés selon des normes
acoustiques moins sévères que celles des aéronefs dits " chapitre
3 ") seront progressivement retires des flottes d'ici 2002 au plus
tard conformément a l'arrêté du 14 décembre 1993.
Cette politique
est déjà en train de porter ses fruits puisque les avions les moins
bruyants (dits " chapitre 3 ") représentent déjà les deux tiers
des flottes transitant par Paris-Orly ou Paris-Charles-de-Gaulle
contre un tiers il y a à peine six ans.
Tout dernièrement,
la direction générale de l'aviation civile a autorise Aéroports
de Paris à faire réaliser, par un institut spécialisé, une étude
du dispositif de circulation aérienne de la région parisienne lie
a l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Cette étude a pour objectif
de rechercher les moyens d'en améliorer l'efficacité et de réduire
les nuisances. Les premiers résultats devraient être connus courant
1994.
Enfin le législateur,
soucieux d'assurer une meilleure insertion des aérodromes dans l'environnement,
a institue des commissions consultatives de l'environnement pour
les aérodromes (loi du 11 juillet 1985 et décret du 21 mai 1987).
Ces commissions, placées sous l'autorité du préfet, ont pour vocation
de développer une concertation régulière entre les élus locaux,
les associations de riverains et les utilisateurs de l'aérodrome,
afin de débattre de toute mesure ayant une incidence sur l'environnement
des aérodromes. Ces actions de concertation et de communication
vont en outre être développées par la création d'ici la fin de l'année,
par Aéroports de Paris, d'une " Maison de l'Environnement " sur
l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Cette " Maison ", de par
sa structure, permettra notamment, de présenter en temps réel, des
informations sur le niveau de trafic, les trajectoires des avions,
les relevés de mesures de bruit, etc... Une permanence y sera assurée
afin de répondre rapidement et concrètement aux questions que se
posent les riverains.
Par ailleurs, pour
ce qui concerne le deuxième élément de la question, les perspectives
retenues par le projet de schéma directeur régional prennent en
compte le souci de préserver, dans les meilleures conditions possibles,
le cadre de vie de ce secteur du département des Yvelines, déjà
très urbanise de longue date. S'agissant de la liaison
autoroutière A 184, entre l'autoroute A 15 et l'autoroute
A 13, il convient de rappeler qu'elle contribuera à l'achèvement
de la Francilienne, dont la réalisation s'avère indispensable pour
assurer de manière plus satisfaisante les échanges, a l'heure ou
déjà les déplacements périphériques représentent plus des deux-tiers
du total des déplacements régionaux. Ceci étant, si le principe
de cette liaison est retenu par le projet de schéma régional, son
tracé devra faire l'objet d'études complémentaires de variante de
tracé, afin de tenir compte de la sensibilité des sites traverses.
En ce qui concerne
les transports de fret, le projet de schéma directeur retient notamment
pour objectif l'utilisation optimale des capacités de desserte de
l'agglomération par la voie d'eau et la voie ferrée, afin d'enrayer
la tendance a l'engorgement des infrastructures par le transport
routier. La création de plates-formes multimodales, dont les sites
d'accueil seront identifies par les documents d'urbanisme locaux,
répond à cet objectif : elle sera en outre créatrice d'emplois.
Enfin, les conditions
de traitement des déchets ménagers et industriels sont particulièrement
préoccupantes en Ile-de-France. Sachant par ailleurs qu'il faudra,
en vertu de la loi du 13 juillet 1991, avoir supprime toute décharge
de déchets avant juillet 2002, le projet de schéma directeur régional
a esquisse une répartition possible de centres de traitement dont
la mise en oeuvre s'inscrira dans le cadre des syndicats intercommunaux
compétents en la matière et des plans départementaux d'élimination
des déchets prévus par la loi précitée.
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