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Questions
au Gouvernement de Pierre Cardo
Déplacements
illicites d'enfants
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Sollicité,
dès son élection 1993, par des parents victimes d'un
déplacement illicite
d'enfants vers un pays étranger et notamment vers
l'Allemagne, Pierre Cardo n'a, depuis, pas cessé d'intervenir
auprès des gouvernements successifs et de tenter d'apporter
son soutien aux parents. Il a notamment obtenu la création
d'une commission parlementaire
de médiation franco-allemande et soutenu l'adoption de
nouvelles dispositions
européennes en la matière.
Il a par ailleurs
réussi à faire adopter plusieurs réformes du
droit français, notamment en matière de passeport
et de sanctions à l'égard des parents rapteurs, mais
aussi au niveau de la carte judicaire française.
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Enlèvements internationaux d'enfants - Compétences
des tribunaux - Carte judiciaire - Réforme (Justice - QE
73467 - septembre 2005) Q/
Enlèvements
d'enfants vers le Paraguay, pays non liés à la France
par la Convention de La
Haye (Affaires étrangères - QE
71121 - Juillet 2005) Q/
Déplacements
d'enfants - Droit français - Réforme
de la carte judicaire - Désignation de magistrats spécialisés
(Justice - QE
1634 - Août 2002) Q/R
Déplacements
d'enfants vers le Liban - Droits de garde et de visite (Affaires
étrangères - QE
57624 - Février 2001) Q/R
Enlèvements
internationaux d'enfants - Politique de la France (Justice - QO
1482) Q/R
Enlèvements
internationaux d'enfants - Statistiques - Pays non signataires
de la Convention de La Haye ( Affaires étrangères
- Mars 1999 - QE 25876) Q/R
Enlèvements
internationaux d'enfants - Statistiques - Pays signataires de
la Convention de La Haye ( Justice - Mars 1999 - QE 25876) Q/R
Enlèvements
internationaux d'enfants vers l'Allemagne (Justice - QO Avril
1999) Q/R
Enlèvements
internationaux d'enfants - Convention de La Haye - Allemagne -
Conclusions du Sommet de Postdam (Justice - QO Décembre
1998) Q/R
Enlèvements
internationaux d'enfants - Allemagne - Affaire Lancelin (QO Avril
1998) Q/R
Enlèvements
internationaux d'enfants - Convention de La Haye - Allemagne (Justice
- Novembre 1997 - 6193) Q/R
Enlèvements
internationaux d'enfants - Convention de La Haye - Union européenne
(Justice - QE décembre 1995 - 33166)
Questions
incidentes
Convention internationale
des Droits de l'Enfant - Application en droit français
(Premier Ministre - Juin 2001 - QE
62546) Q/R
Droits de l'enfant
- Union européenne - Droits de visite (Justice - Novembre
2000 - QU 54040) Q/R
Accord de Schengen
- Coopération policière - Application aux enfants
mineurs (Justice - Novembre 2000 - QE 54042) Q/R
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Ministère
de la Justice
Compétence
des Tribunaux en matière d'enlèvements internationaux
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Q.
L'article
312-1-1 du code de l'organisation judiciaire, créé par la
loi n° 2002-305 du 4 mars 2002 dispose que le siège et le
ressort des tribunaux de grande instance compétents pour
connaître des actions engagées sur le fondement des dispositions
des instruments internationaux et communautaires relatives
au déplacement international des enfants sont fixés par
décret en Conseil d'État. Il existe
un seul tribunal compétent par cour d'appel.
Le décret n° 2004-211 du 9 mars 2004 fixe le siège et le
ressort des tribunaux compétents. Si cette liste, établie
par le tableau IC ter annexé, détermine en effet un certain
nombre de tribunaux compétents, il apparaît que les cours
d'appel de Versailles et de Créteil ne figurent pas dans
ladite annexe.
M.
Pierre Cardo demande à M.
le garde des sceaux, ministre de la justice,
de lui indiquer les tribunaux compétents pour connaître
des actions engagées en matière de déplacement illicite
international d'enfants dans les départements
des Yvelines, des Hauts-de-Seine, du Val-d'Oise et du Val-de-Marne.
De même, il lui demande de lui préciser si un magistrat,
prenant le nom de délégué à la protection de l'enfance,
est désigné dans chaque cour d'appel et notamment dans celles
de Versailles et de Créteil et si, dans le ressort de ces
cours d'appel, un magistrat est spécialement désigné, par
le procureur général, au parquet général pour connaître
de ces dossiers.
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R. xxx |
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Ministère
des Affaires étrangères
Déplacements
d'enfants vers le Paraguay
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Q.
M.
Pierre Cardo
appelle l'attention de M. le ministre
des affaires étrangères sur l'application de la convention
de La Haye du 25 octobre 1980 relative aux aspects
civils de l'enlèvement international entre la France et le Paraguay.
Alors que ce dernier pays a adhéré à cette convention et que
cette adhésion a été acceptée par de très nombreux pays, y compris
au sein de l'Union européenne, il lui demande de lui indiquer
les raisons qui expliquent que cette convention n'est pas entrée
en vigueur entre la France et le Paraguay et les mesures qu'il
entend prendre pour remédier à cette situation.
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R. xxx |
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Ministère
de la Justice
Organsation de la Carte judicaire française
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Q.
Monsieur
Pierre CARDO appelle l'attention de Monsieur
le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice sur les
dispositions des articles 20 et 21 de la Loi n° 2002-305 du
4 mars 2002 relative à l'autorité parentale.
Afin
de permettre un règlement plus rapide des dossiers de déplacements
illicites d'enfants vers l'étranger et une meilleure application
des instruments internationaux et communautaires, ces
articles prévoient la centralisation de ces procédures dans
un seul TGI par cour d'appel et la désignation d'un magistrat
du parquet général en charge de ces dossiers. La mise
en œuvre de ces dispositions nécessitant un décret en Conseil
d'Etat, il lui demande de lui préciser les mesures qu'il entend
prendre pour rendre applicables ces dispositions et notamment
de lui indiquer le délai de publication du décret
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R. Le
garde des sceaux, ministre de la justice, fait connaître à l'honorable
parlementaire qu'il manifeste une attention particulière à la
question délicate des déplacements illicites d'enfants à
l'étranger et, d'une manière générale, aux difficultés nées
de la séparation des couples mixtes.
Afin
de permettre un règlement plus rapide de ces dossiers et une
meilleure application des instruments internationaux et communautaires,
la loi n° 2002-305 du 4 mars 2002
relative à l'autorité parentale aggrave
les peines prévues par le code pénal en matière de rétentions
illicites et enlèvements internationaux de mineurs, et renforce
le dispositif civil de l'interdiction de sortie de l'enfant
du territoire français.
En
outre, pour favoriser l'efficacité du système judiciaire français
dans ce domaine particulier, le législateur a décidé d'élargir
la spécialisation des juridictions par la centralisation de
ces procédures dans un seul tribunal de grande instance par
cour d'appel et, au sein de chacune d'elle, par
la désignation d'un magistrat du
siège et du parquet général pour traiter ces dossiers
de déplacement illicite international d'enfants.
Pour
déterminer de façon pertinente, compte tenu de la nature sensible
de ce contentieux, le choix des tribunaux de grande instance
compétents, le ministère de la justice procède à une étude
préalable et à une consultation des chefs de cours, avant
de saisir le Conseil d'Etat d'un projet de décret fixant le
siège et le ressort des juridictions concernées, qui pourrait
dès lors être publié dès le début de l'année 2003.
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Le
décret a été publié le 12 mars 2004
(Décret 2004-211)
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Ministère
des Affaires étrangères
Déplacements d'enfants vers le Liban
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Q.
Le
12 juillet 1999, les Gouvernements français et libanais ont
signé un accord concernant la coopération en certaines matières
familiales et plus particulièrement dans le domaine de la lutte
contre les déplacements illicites d'enfants à l'étranger et
les non-retours de ces enfants et ce dans le cadre
de la convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant
et, en particulier, de son article 11.
Cet
accord, publié par décret n° 2000-836 au Journal officiel
du 1er septembre 2000, prévoit notamment l'institution d'une
commission consultative chargée d'examiner les dossiers relatifs
à l'exercice des droits de garde et de visite et de protection
des droits de l'enfant, en vue d'en faciliter le règlement,
y compris par la recherche de solutions amiables. L'engagement
de cet accord de prendre des dispositions en vue notamment
de faciliter le retour de l'enfant
illicitement déplacé ou l'exercice du droit de visite du parent
qui n'a pas la garde, de faciliter la circulation des enfants
et des parents entre les deux pays et d'assurer l'information
des parents sur la localisation et la situation matérielle
et morale de l'enfant, avait fait naître chez les
parents victimes de tels déplacements de réels espoirs. Or,
force est de constater que 18 mois après sa signature et 4
mois après sa publication au Journal officiel, cet accord
est resté lettre morte au désespoir des parents, sans contact,
avec leurs enfants illicitement retenus à l'étranger et des
enfants séparés d'un de leurs parents.
M.
Pierre Cardo demande à M.
le ministre des affaires étrangères de lui indiquer
les raisons qui font que cette commission n'a, à ce jour,
pas été constituée et n'a donc pas pu entamer ses travaux
et de lui préciser les démarches qu'il entend entreprendre
en vue d'une mise en place sans délais de cette commission
avec le gouvernement libanais
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R. Le
ministère des affaires étrangères suit avec attention les situations
douloureuses que connaissent certains enfants illicitement retenus
au Liban, généralement par leur père, malgré des décisions prononcées
en France, conférant l'autorité parentale et le droit de garde
à la mère de nationalité française ou binationale franco-libanaise.
Il
constate, depuis plusieurs années déjà, un
accroissement du nombre des affaires de déplacements illicites
d'enfants au Liban ainsi que des difficultés croissantes
dans l'exercice effectif des droits de visite. Ces affaires
concernent pour l'essentiel des couples mixtes franco-libanais
(mère française ou franco-libanaise, père libanais).
A
ce jour, une vingtaine de cas
ont été portés à la connaissance du ministère des affaires
étrangères. Celui-ci apporte toute l'aide possible aux parents
victimes du déplacement illicite en vue de faciliter la recherche
d'une solution amiable et de suivre les procédures engagées
en liaison avec les avocats désignés. D'une manière générale,
il apparaît que les démarches en vue d'obtenir l'exequatur
des décisions françaises sont longues et coûteuses pour les
ressortissants français et que les résultats en sont aléatoires.
L'accord concernant la coopération en certaines matières familiales,
signé le 12 juin 1999 entre les ministères français et libanais
de la justice et publié au Journal officiel du 1er septembre
2000, devrait permettre de favoriser la coopération entre
les deux pays dans ce domaine. Cet accord prévoit notamment
la mise en place d'une commission
mixte qui sera chargée de l'étude au cas par cas des dossiers
qui lui seront soumis. La première réunion de cette commission
mixte doit se tenir à Beyrouth, les 4, 5 et 6 avril prochain.
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Ministère
de la Justice
Enlèvements d'enfants vers l'étranger - Commission
parlementaire franco-allemande
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Q.
Bien
que non retracés par des statistiques fiables, les déplacements
illicites d'enfants vers l'étranger par un des parents, véritables
drames humains, pour les parents et surtout pour les enfants
se multiplient.
Si des
instruments internationaux, comme la Convention
de La Haye existent, ils sont souvent peu efficaces
car non appliqués par un certain nombre de pays ou abusivement
interprétés par les tribunaux qui utilisent plus souvent
les articles d'exception que la règle du retour immédiat de
l'enfant au lieu de sa résidence.
Il en
va ainsi aussi de la Convention internationale des droits
de l'enfant pour laquelle on doit s'interroger sur la
non-application dans notre pays
malgré sa ratification depuis 1990 et à cause d'une décision
de la Cour de Cassation.
On doit
enfin constater que des accords bilatéraux ne dépassent que
rarement le niveau des bonnes intentions, comme l'accord franco-libanais.
En tout
état de cause, le retour des enfants déplacés devient l'exception
et ces enfants sont, le plus souvent, coupés de tout contact
avec le parent resté en France. Les droits de garde et
de visite, bien qu'explicitement prévus, ne sont que rarement
accordés par des tribunaux étrangers et lorsqu'ils le sont,
leur exécution se fait dans des situations intolérables, voire
humiliantes, pour l'enfant et son parent (visites dans le
pays où l'enfant est retenu, épisodiques, limitées en temps
et sous la surveillance de tiers), rendant impossible tout
réel contact de l'enfant avec ses deux parents (sans même
parler des grands-parents ou des frères et sœurs).
Si la
mauvaise application des instruments internationaux résulte,
pour l'essentiel, de l'absence d'une autorité internationale
chargée de son exécution, l'existence de ce genre de problèmes
devient encore plus intolérable au sein même de l'Union
européenne, entre pays de même culture et qui ont décidé
d'unir leurs efforts au sein de l'Espace Judiciaire européen.
Les problèmes
franco-allemands, particulièrement nombreux, en sont une illustration.
Conscient qu'une solution devait être recherchée au plus vite
dans ces litiges pour le bien-être de l'enfant et après que
le Président de la République s'en soit ému, le Gouvernement
français a proposé, en novembre 1999, à l'Allemagne la création
d'une Commission
parlementaire de médiation. Cette mission travaille
depuis bientôt 2 ans. Le nombre de dossiers dont elle est
saisie ne cesse d'augmenter et les problématiques de se multiplier.
La dernière en date est celle posée par les initiatives de
l'Allemagne de procéder au changement du nom patronymique
des enfants enlevés par leur mère pour leur attribuer
le nom d'un éventuel beau-père ou simplement celui de jeune
fille de la mère. La
création de cette mission a servi à la mise en place d'une
démarche similaire entre l'Allemagne et les Etats Unis où
les enlèvements d'enfants sont régulièrement condamnés par
le Parlement.
L'intérêt
de ce travail de médiation a amené l'actuelle Garde des Sceaux
à mettre en place une
mission plus large, en charge de l'ensemble des dossiers
conflictuels.
Les parents
français et leurs associations avaient placé tous leurs espoirs
dans ces missions. Ils déplorent aujourd'hui, à juste titre,
un manque de moyens et des problèmes graves d'organisation.
Ils ont, en effet, du mal à percevoir la place réelle de ces
missions au sein du Ministère qui devaient être directement
rattachées au Cabinet du Ministère. Les parents dénoncent
certains tiraillements qui semblent se faire jour au sein
du Ministère de la Justice.
Monsieur
Pierre CARDO souhaiterait que Madame la Ministre de
la Justice, Garde des Sceaux lui apporte des indications
sur ces différents problèmes afin d'apporter des réponses
aux parents, aux parlementaires impliqués dans ces dossiers
et, surtout, aux enfants qui, dans la situation actuelle,
sont les principales victimes.
- Qu'elle
est la place réelle de la Mission internationale d'Aide
à la médiation au sein du Ministère de la Justice et quels
seront ses moyens?
- Quelle
est la place de la mission parlementaire franco-allemande
et quel sort est réservé aux 21
propositions remises par les parlementaires français en
novembre 2000, notamment en matière de réforme des
structures et procédures judiciaires, de l'information préalable,
de la prévention et de l'aide aux familles victimes. Cette
réponse est particulièrement importante au moment où cette
commission va élaborer des propositions communes?
- Quel
sort sera réservé à l'initiative
française d'août 2000 en matière de droits de visite
déjà examinée par le Parlement
européen et quelles mesures peuvent être prises
pour faire enfin respecter et exécuter des décisions de
justice mais qui semble aujourd'hui bloquée?
- Quelle
sera la place de la médiation dans les litiges internationaux
pour faire respecter les droits de l'enfant?
- Enfin
quelles solutions peuvent être apportées, par la France,
éventuellement au niveau européen, pour s'opposer aux
changements imposés du nom patronymique d'un enfant
par la seule volonté du parent étranger. Un tel changement
de nom, outre le fait qu'il est contraire à l'article
8 de la Convention internationale de droits de l'enfant,
est profondément traumatisant pour l'enfant qui, bien que
français, se voit ainsi coupé de ses racines et de son histoire
et s'ajoute ainsi au traumatisme de l'enlèvement?
Des réponses
satisfaisantes semblent indispensables pour démontrer la
réelle volonté de la France de s'opposer ainsi à toutes les
maltraitances de l'enfant dans le seul intérêt d'un des
parents et au détriment de l'intérêt de l'enfant
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R. Monsieur
le Députe,
Vous posez la question des
déplacements illicites d'enfants vers l'Etranger. Je
partage totalement vos préoccupations qui font écho à l'inquiétude
et à la souffrance des parents auxquels leurs enfants ont
été arrachés et qui luttent pour reprendre le contact avec
eux et faire valoir leurs droits de partager une partie, même
réduite, de leur vie. Je vous donnerai d'ailleurs une réponse
beaucoup plus longue que celle que je peux exprimer dans le
temps qui m'est imparti.
Je souhaite
d'abord saluer le travail considérable que vous et vos collègues
de la Commission
parlementaire franco-allemande, Madame Pervenche BERES
et Madame Dynah DERYCKE, accomplissez pour faire avancer ces
dossiers particulièrement difficiles.
Vous m'interrogez
d'abord sur la
place et les moyens de la Mission internationale d'Aide à
la Médiation.
Ainsi
que je l'avais annoncé, j'ai créé au mois d'avril 2001, une
Mission d'Aide à la Médiation internationale pour les familles.
Cette
mission est rattachée à la Direction des Affaires civiles
et du sceau et œuvre en relation avec les services intéressés
du Ministère. Elle a pour mission de prendre en charge
tous les dossiers de conflit d'autorité parentale au sein
des couples binationaux lorsqu'ils connaissent une situation
de blocage, en particulier en ce qui concerne la fixation
de la résidence des enfants, les droits de visite et d'hébergement
et la détermination du nom de l'enfant ou encore l'évaluation
du montant de la contribution à son entretien et à son éducation.
Elle sera
prochainement dotée de l'ensemble des moyens personnels appropriés
prévus : postes de magistrats, personnels administratifs et
travailleurs sociaux. Vous avez raison de le rappeler parce
que c'est aujourd'hui insuffisant. Nous nous donnerons rendez-vous
ensemble à l'automne pour voir si ces postes ont été réellement
pourvus. Vous savez que j'attends une promotion de greffiers
et de magistrats qui va me permettre d'avoir plus de marge
de manœuvre.
Vous souhaitez
ensuite connaître la suite réservée aux proposition de
la mission parlementaire franco-allemande de médiation.
Le
rapport que vous m'avez remis comporte notamment des
propositions dans le domaine de l'information, de la formation,
de la recherche d'une plus grande cohérence des deux systèmes
juridiques et judiciaires, d'une réforme des structures et
des procédures en cause et de l'aide aux victimes. Ces propositions
sont très positives. Vous avez raison sur toutes.
Certaines
vont être mises en œuvre sans délai. Vous avez raison de le
rappeler, même si toujours, tout est trop long. Je pense à
celles qui visent à améliorer la connaissance mutuelle
des systèmes judiciaires et la formation des magistrats.
Les autres sont à l'étude, soit qu'il s'agisse de modifier
des éléments de procédure, soit qu'il faille assurer leur
financement, par exemple pour les centres de visite ou la
mise en œuvre d'une médiation professionnelle.
Je vois
effectivement dans le rendu de la commission Bouchet qui nous
conduira à une réforme des possibilités pour aider financièrement
les parents, malheureusement mise en pratique seulement
au 1er janvier 2003 (faudra-t-il, en attendant, prendre des
mesures réglementaires), dans ce que vous avez proposé tout
à l'heure. Le ministère et la mission vous tiendront donc
informé à intervalles réguliers de la mise en œuvre de ces
mesures et des problèmes qu'on rencontrera, bien sûr des problèmes
pratiques.
Vous souhaitez
enfin des précisions sur l'initiative
française d'août 2000 en matière de droits de visite.
Là je
vais malheureusement vite mais je vous donnerai plus de précisions.
D'abord pour vous dire que cette initiative n'est ni abandonnée,
ni enlisée. Simplement, le Conseil Justice et Affaires
intérieures du 30 novembre 2000 a conclu que l'examen de l'initiative
française ne pouvait se poursuivre en raison du champ d'application
limité, que parallèlement aux travaux sur l'extension du champ
d'application du règlement de Bruxelles II.
Mais la
libre circulation des décisions en matière de droit de visite
reste à mes yeux une priorité car il s'agit d'un progrès
essentiel à accomplir et nous avons toute raison d'être optimistes
car la future présidence belge partage ce point de vue. D'où
les actions bilatérales que nous menons avec cette future
présidence pour sortir de l'impasse.
Sur
la place réservée à la Médiation, je souhaiterais rappeler
qu'elle n'a pas vocation à se substituer aux procédures, notamment
judiciaires, mais elle doit permettre, par la souplesse de
ses moyens d'action, de favoriser le dénouement de ces contentieux,
en intervenant auprès des familles concernées pour parvenir,
dans l'intérêt des enfants, à un rapprochement des positions
antagonistes. Je rencontre, de la part de mes collègues européens,
un progrès certain, même si je suis, comme vous, impatiente
d'arriver à une conclusion.
Reste
la question des changements de nom imposés par la seule
volonté du parent étranger.
Elles
ont leur origine dans certaines dispositions de la loi allemande
en particulier qui prévoit 2 procédures de changement du nom
patronymique. Je vous donnerai tous les éléments parce que
ces procédures sont fréquemment utilisées, comme vous le savez,
en Allemagne en cas de divorce des parents.
La Convention
n° 4 de la Commission Internationale de l'Etat Civil, signée
à Istanbul le 4 septembre 1958, appliquée au domaine du changement
de nom patronymique des enfants nés de couples franco-allemands,
a pour conséquence de rendre opposable, en France, les décisions
allemandes, substituant, au nom du père, un autre nom patronymique,
sous réserve de l'appréciation, par les juridictions françaises,
de l'article 3 de la Convention qui prévoit le cas où la décision
étrangère serait contraire à l'ordre public français.
A l'inverse,
la Convention internationale
des Nations Unies sur les droits de l'enfant prévoit,
en son article 8, que les Etats signataires doivent protéger
les droits de l'enfant au respect de son identité. Les parents
français objectent et combattent ces actions en changement
de nom qu'ils assimilent à une volonté délibérée du parent
et de la société allemande de rompre les liens existants entre
eux et leurs enfants. Les services du Ministère de la
Justice ont ouvert des discussions sur ce point avec leurs
homologues allemands.
Concrètement
et afin de répondre au cas particuliers identifiés, j'ai saisi
la Mission d'Aide à la Médiation sur cette question
spécifique à partir de cas concrets connus pour voir comment
nous allons pouvoir les régler, comment nous pouvons en tirer
des leçons pour l'avenir, en particulier en élaborant
des propositions qui peuvent être acceptées par l'autorité
allemande en particulier, quitte à ce que nous entamions,
à partir de "l'Euro-just" provisoire, une discussion
sur le droit de la famille, non seulement en général, mais
aussi s'agissant de la situation des parents divorcés.
Je peux
vous dire, m'étant rendu devant l'unité provisoire
"Pro-Euro-just" qui est un lieu de concertation
essentiel pour l'avenir que l'ensemble des magistrats européens
présents à la réunion à laquelle j'ai assisté, sont d'accord
pour nous rendre une expertise rapide sur les enfants dans
le droit de la famille. Commençons par les enfants et
laissons ensuite les adultes peut-être gérer au mieux leurs
affaires.
Monsieur
Pierre CARDO
Très brièvement,
pour remercier Madame la Ministre de sa réponse. Ma question
a été effectivement aussi plus longue que la réponse que je
recevrai. Pour les moyens, nous ferons effectivement le point
en septembre.
Je veux
quand même vous dire combien ce point du changement de
nom est quelque chose d'extrêmement traumatisant pour
un père. C'est dans la culture allemande, ce n'est pas dans
la culture française, ni dans d'autres pays non plus d'ailleurs.
Donc il faut qu'on fasse rapidement le point là-dessus.
Concernant
les propositions qui ont été faites par notre commission,
il est vrai que nous aimerions bien les voir mises en œuvre
rapidement. Il n'y a pas besoin de gros moyens pour une partie
d'entre elles. Il faut simplement une volonté politique
pour que cela avance.
Pour ce
qui me concerne, je voudrais qu'au niveau du Ministère de
la Justice en France et à tous les niveaux - et pas que pour
ce problème de la médiation - qu'on veuille bien accepter,
au niveau de la magistrature, le principe même de la médiation.
Dans les esprits cela n'est pas encore entré en France. L'Allemagne
a la-dessus de l'avance sur nous et je peux vous dire que,
si on est parti d'un seul dossier pour en arriver à plusieurs
dizaines maintenant, ce ne sont pas le bénévoles, parlementaires,
qui pourront traiter tous les cas de médiation qui leur arrivent
aujourd'hui. Très rapidement, il faut mettre en œuvre une
machine qui va répondre aux besoins dans ce domaine qu'a la
France.
Madame
la Garde des Sceaux
Je veux
juste dire à Monsieur CARDO que cet
été on va reprendre la liste des propositions et voir celles
auxquelles on peut répondre. J'ajouterai que sur
la médiation, dans le cadre des entretiens de Vendôme qui
sont une remise à plat du système, la médiation fait parti
de toutes nos rencontres. D'ailleurs, le rapport Boucher la
note en amont comme ouvrant à l'aide juridique.
Je m'attacherai
que non seulement il y ait une professionnalisation de
la médiation mais aussi à ce que certains magistrats,
à temps partiel, forment également ceux qui sont chargés de
la médiation parce que si nous les impliquons personnellement
et s'il peuvent mesurer avec nous les résultats, ils suivront
beaucoup le juge aux affaires matrimoniales qui, souvent est
convaincu de la nécessité de ces médiation. Je m'engage, Monsieur
CARDO, à faire de la médiation un axe fort de la politique
de la justice française
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Questions
incidentes
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Premier
Ministre
Convention Internationale des Droits de l'Enfant
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Q.
La
France a ratifié le 7 août 1990 la
convention internationale des droits de l'enfant.
Par cette ratification, cette convention internationale a, en
application de l'article 55 de la Constitution, acquis, dès
sa publication, une autorité supérieure à celle des lois. Malgré
une volonté clairement affichée par la France, confirmée en
cela par le Parlement, un arrêt de
la Cour de cassation de 1993 énonce que les dispositions de
cette convention ne peuvent être invoquées devant les tribunaux,
cette convention ne créant des obligations qu'à la charge des
Etats parties n'étant pas directement applicable en droit interne.
M.
Pierre Cardo s'étonne
auprès de M. le Premier ministre
de cette décision d'une juridiction dans la mesure où toute
convention internationale ne crée des obligations qu'à l'égard
des Etats parties. Il en va ainsi, par exemple, de la Convention
européenne des droits de l'homme, régulièrement invoquée devant
les tribunaux français, mais également de l'ensemble des conventions
élaborées sous couvert du Conseil de l'Europe, ratifiées par
la France. Au moment où la France met en avant la défense
des droits de l'enfant, il souhaite savoir quelles mesures
il entend prendre pour que des textes aussi fondamentaux que
la convention internationale des droits de l'enfant puisse
enfin être appliquée en droit interne, conformément à la décision
souveraine du Parlement et, le cas échéant, lui indiquer avec
précisions, les raisons qui s'y opposent.
-
Question transmise à Mme la garde des sceaux, ministre de
la justice
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R. La
garde des seaux, ministre de la justice fait connaître à l'honorable
parlementaire qu'elle partage son souci
de faire jouer à la France un rôle essentiel en matière de protection
des droits des enfants. En ce sens, la France manifeste
constamment son attachement à la promotion et la protection
de ces droits et participe activement à la préparation du sommet
mondial pour les enfants qui se tiendra du 19 au 21 septembre
2001 à New York et sera l'occasion de la présentation
d'un bilan des actions menées et des progrès accomplis pour
les droits des enfants depuis l'adoption de la convention des
droits de l'enfant en 1989. Ce sommet verrra également la proclamation
d'une nouvelle déclaration, actuellement en cours d'élaboration.
« un monde fait pour l'enfant ».
La
promotion et la protection des droits des enfants sont une
priorité réelle et l'application des conventions internationales
en est l'un des aspects. Si les règles du droit international
public, comme l'article 55 de la constitution, imposent l'application
des conventions internationales, cette application peut être
directe ou seulement médiate. Seule l'applicabilité directe
fait naître des droits dans l'ordre interne au bénéfice des
eprsonnes privées et leur permet d'en demander elles-mêmes
l'application aux juridictions nationales.
L'applicabilité directe dépendra tant de l'intention de
l'Etat signataire, telle qu'elle résulte du traité,
que du contenu de la norme qui doit être suffisamment précis
et ne pas nécessiter de recourir à des mesures d'application.
L'appréciation de la réalisation
de cette condition dite « des effets directs » dépend dès
lors de l'interprétation de la disposition évoquée. Cette
interprétation relève des juridictions nationales et
la Cour de cassation a en effet, en 1993, rejeté l'applicabilité
directe des dispositions de la convention des droits de l'enfant,
au motif qu'elle ne créait d'obligations qu'à la charge des
Etats. Le Gouvernement, dans le strict respect de la séparation
des pouvoirs, constate cette interprétation et met parallèlement
tout en oeuvre pour la réalisation concrète des garanties
édictées par le convention des droits de l'enfant
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