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Questions
au Gouvernement de Pierre Cardo
Droits
de l'Homme
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Ministère
des Affaires étrangères
Droits
de l'Homme en Tchétchénie
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M.
Pierre Cardo appelle l'attention de M. le ministre des affaires
étrangères sur la situation des droits de l'homme en Tchétchénie.
Au
cours de la récente session de la commission des droits
de l'homme des Nations unies, l'Union européenne a présenté
une résolution dénonçant publiquement les disparitions,
exécutions sommaires, détentions arbitraires et disparitions
dans cette République de la Fédération de Russie. Cette résolution
ayant été rejetée, il souhaite connaître la position de la
France dans ce dossier et les actions
envisagées à l'avenir pour inciter la Fédération de Russie
à mettre un terme à ces exactions dénoncées également
par de nombreuses ONG et dans un récent rapport de Human Rights
Watch.
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La France rappelle régulièrement aux autorités russes, y compris
au plus haut niveau, sa préoccupation concernant la situation
en Tchétchénie, notamment sur le plan humanitaire et au regard
du respect des droits de l'homme. Le sujet a ainsi été évoqué
par le Président de la République lors de la visite d'Etat
du président Poutine le 10 février dernier à Paris.
Elle est convaincue
que ce conflit, qui fait payer un lourd tribut aux populations
civiles, ne pourra être durablement résolu que par une solution
politique. Elle a marqué son espoir que le référendum du 23
mars dernier puisse constituer la première étape d'un processus
politique et qu'il ouvrira la voie à un retour à la paix civile
et à la réconciliation en Tchétchénie.
Elle a noté
les orientations tracées par le président
Poutine dans son discours du 16 mars dernier : large autonomie,
promotion de la loi, projet d'amnistie, reconnaissance des
épreuves traversées par le peuple tchétchène et des responsabilités
d'autorités fédérales. Elle attend la mise en oeuvre de ces
orientations. Dans ce contexte, la France insiste
sur l'importance, pour le processus de stabilisation de la
Tchétchénie, que les organisations internationales, les ONG
et les médias puissent y travailler en toute sécurité.
Le ministre
des affaires étrangères a fait part à son homologue russe,
à plusieurs reprises, de ses regrets devant la fermeture du
groupe d'assistance de l'OSCE et du souhait de la France qu'une
présence permanente de cette organisation puisse être rétablie.
S'agissant
de la session annuelle de la Commission des droits de l'homme
des Nations unies, l'Union européenne a déposé - en accord
avec tous ses pays membres - un projet de résolution. Celui-ci
demandait aux autorités russes de prendre rapidement toutes
les mesures nécessaires pour mettre un terme aux violations
des droits de l'homme ainsi que du droit international humanitaire
; il les engageait à poursuivre et juger les auteurs présumés
d'exactions.
Ce texte demandait
également le respect du principe du retour volontaire des
personnes déplacées et l'adoption de toutes les mesures nécessaires
pour assurer l'accès en toute sécurité des organisations internationales,
des ONG et des médias en Tchétchénie. La
France regrette que la Commission des droits de l'homme n'ait
pas adopté cette résolution. Elle continuera pour
sa part à faire valoir sa position concernant la situation
en Tchétchénie.
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Ministère
des Affaires étrangères
Droits
de l'Homme au Soudan
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Du 19 au 21 février, la France accueille la XXIIe Conférence
des chefs d'Etat d'Afrique et parmi les participants à ce
sommet figure le Président soudanais, le général Bashir.
M. Pierre
Cardo appelle l'attention M. le ministre des affaires étrangères
sur les agissements de ce chef d'Etat, dictateur sanguinaire,
responsable de nombreux crimes contre l'humanité dans son
pays et susceptible de servir de lieu d'accueil à des terroristes
connus. II lui rappelle ainsi que des services spécialisés
de nombreux pays soupçonnent le Soudan de servir de base arrière
aux terroristes d'Al Qaida.
II lui demande
de lui indiquer les raisons qui motivent l'accueil en France
du chef d'Etat soudanais et les mesures que la France entend
prendre pour aider la population soudanaise à retrouver plus
de libertés et à amener le général Bashir à respecter enfin
le cessez-le-feu conclu récemment.
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Le Soudan connaît, depuis 1983, une guerre civile qui oppose
les forces gouvernementales à la rébellion sudiste (Mouvement
populaire de libération du Soudan). Ce conflit, le plus long
à ce jour en Afrique, a probablement fait plusieurs millions
de victimes.
Des
violations graves des droits de l'homme y sont perpétrées
: bombardement de populations civiles, islamisation
forcée, enlèvements. La mise en exploitation des ressources
pétrolières, à partir de 1999, dont les gisements se trouvent
en grande partie à la lisière du Sud-Soudan et au Sud-Soudan
même, a entraîné des violations des droits de l'homme supplémentaires,
notamment sous la forme de déplacements forcés des populations.
La
France et ses partenaires européens ont engagé, en novembre
1999, un dialogue politique avec les autorités soudanaises,
qui aborde de front la question des droits de l'homme.
Elle a, en outre, constamment appelé les parties à cesser
les hostilités et à s'engager fermement en faveur de la paix,
les violations des droits de l'homme étant essentiellement
liées à la poursuite de la guerre.
Cette démarche
apparaît confortée par les
progrès enregistrés par le processus de
paix au Soudan :
- signature,
le 19 janvier 2002, d'un accord de cessez-le-feu dans les
montagnes noubas, qui fait l'objet d'une supervision internationale,
à laquelle la France participe ;
- le Protocole
de Machakos, signé le 20 juillet 2002, entre le gouvernement
et la rébellion, ouvre la voie au rétablissement de la paix
au sud-Soudan ;
- signature,
le 15 octobre 2002, d'un accord de cessation des hostilités,
renforcé le 4 février 2003 par un dispositif de surveillance
et de vérification internationale ;
- signature
d'un accord sur la reprise de l'aide humanitaire au Sud-Soudan
le 26 octobre 2002.
- Le cessez-le-feu
est effectif et l'aide humanitaire est distribuée. Cette
situation laisse espérer la conclusion d'un accord de paix
en 2003.
C'est dans
ce contexte que le Président de la
République a souhaité, en marge du sommet Afrique-France des
20-21 février 2003, s'entretenir avec son homologue soudanais
des perspectives de paix au Soudan et du rôle que la France
pouvait y jouer. En effet, si le processus de paix
paraît prometteur, il demeure fragile, notamment en raison
des tensions internationales actuelles, qui ne peuvent qu'affaiblir
la recherche de la paix au Soudan.
C'est la raison
pour laquelle le président de la République a décidé de
nommer un envoyé spécial pour le processus de paix soudanais,
lequel, avec l'accord des deux parties, est sur le point de
participer, comme observateur, à l'exercice de Machakos.
La France espère que cette présence contribuera à accélérer
le retour à la paix au Soudan, qui est un préalable indispensable
à l'amélioration de la situation très grave des droits de
l'homme qui prévaut encore dans ce pays.
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Ministère
des Affaires étrangères
Ingrid
Betancourt
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Monsieur
Pierre CARDO appelle l'attention de Monsieur le Ministre des
Affaires étrangères sur la situation de Madame Ingrid BETANCOURT,
ancienne députée colombienne et aujourd'hui sénateure de Colombie
(la sénateure la mieux élue dans son pays).
Candidate
déclarée aux élections présidentielles en Colombie, elle s'est
distinguée, tout au long de son activité parlementaire, par
une lutte très forte contre la corruption et le trafic de
drogues. Cet engagement a fait qu'elle a été enlevée, lors
d'un de ses déplacements de campagne, par les FARC, le 23
février dernier. Il lui rappelle les attaches très fortes
de Madame BETANCOURT avec la France. Elle y a fait une partie
de ses études et a épousé un Français, dont elle a 2 enfants.
A
défaut d'autres solutions, contraires au droit international,
il lui demande de lui indiquer les mesures concrètes que le
gouvernement français entend prendre avec le Président Uribe
pour l'aider à rétablir un dialogue avec les rebelles, seule
solution pacifique possible pour permettre la libération de
milliers d'otages détenus par les FARC, dont Ingrid BETANCOURT
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Le
ministre des affaires étrangères s'est rendu en Colombie le
29 novembre dernier. Il a rencontré longuement le président
Alvaro Uribe Velez, ainsi que les principaux membres de son
gouvernement, et notamment sa collègue Mme Carolina Barco. Il
s'est par ailleurs entretenu avec les
représentants des familles d'otages et, en particulier, avec
la famille de Mme Ingrid Bétancourt, retenue contre
son gré depuis le 23 février dernier par la principale guérilla,
les FARC.
L'enlèvement
et la séquestration prolongée des otages sont des crimes
inacceptables. La communauté internationale ne saurait
rester passive devant ces pratiques qui endeuillent la Colombie.
Les Colombiens doivent assumer la responsabilité de leur destin.
Le
gouvernement français a exprimé
clairement sa disponibilité pour les aider à rechercher les
moyens de mettre fin à ce conflit cruel. Déjà,
il s'était impliqué fortement, avec d'autres, dans la facilitation
des processus de paix avec les guérillas, conduits par le
prédécesseur du président Uribe. Il appuie aujourd'hui la
volonté du gouvernement colombien, fondée sur une politique
de fermeté, de rechercher une solution négociée en
sollicitant, notamment, les bons offices du secrétaire général
des Nations unies. Le gouvernement français appuie cette approche,
dans la mesure où elle combine le renforcement de l'autorité
de l'Etat et l'ouverture au dialogue avec les groupes armés
illégaux.
Il
reconnaît la légitimité, pour rétablir la paix civile en Colombie,
d'une politique de sécurité efficace et respectueuse des droits
de l'homme, à laquelle une coopération dans des domaines comme
le renforcement institutionnel ou la lutte contre le trafic
de drogue doit être apportée. La
possibilité d'un appui technique de la France à la substitution
de cultures par reforestation, priorité du président
Uribe pour lutter contre la production de drogue, est à l'étude.
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Ministère
des Affaires étrangères
Peine
de mort
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Le
3 mai 2002, la France, avec 35 autres membres du Conseil d'
l'Europe, a signé le Protocole n° 13 à la Convention européenne
des droits de l'homme, relatif à l'abolition de la peine de
mort en toutes circonstances.
Ce
protocole entrera en vigueur après le dépôt de 10 ratifications.
Monsieur Pierre CARDO souhaite connaître de Monsieur le Ministre
des Affaires Etrangères dans quels délais la ratification
de ce protocole pourra être soumise au parlement.
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La
France, qui a aboli la peine de mort depuis plus de vingt ans,
manifeste régulièrement l'importance qu'elle attache à cette
question au sein de la communauté internationale.
La
disparition totale et inconditionnelle de la peine capitale
de l'arsenal répressif de tous les Etats du monde est l'objectif
que poursuit notre pays, tant par son action propre que dans
le cadre des initiatives prises par les Quinze.
Le
3 mai dernier, à Vilnius, lors de la 110e session ministérielle
du Conseil de l'Europe, la France a signé le protocole n°
13 à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et
des libertés fondamentales, relatif à l'abolition de la peine
de mort en toutes circonstances. Ce texte important complète
le protocole n° 6, auquel la France est déjà partie, en ce
sens qu'il interdit d'apporter la moindre dérogation à l'abolition
de la peine de mort, même en cas de guerre ou en cas d'autre
danger public menaçant la vie de la nation.
Le
Gouvernement souhaite qu'il soit procédé rapidement à la
ratification de cet instrument. De même, le Gouvernement
est déterminé à permettre l'adhésion de la France au deuxième
protocole facultatif au pacte international relatif aux droits
civils et politiques, visant à abolir la peine de mort, adopté
et proclamé par l'assemblée générale des Nations unies le
15 décembre 1989.
Les
projets de lois tendant à autoriser, d'une part, la
ratification du protocole n° 13 à la convention de sauvegarde
des droits de l'homme et des libertés fondamentales, relatif
à l'abolition de la peine de mort en toutes circonstances,
et, d'autre part, l'adhésion au deuxième protocole facultatif
au pacte international relatif aux droits civils et politiques,
visant à abolir la peine de mort, sont
actuellement en cours d'élaboration. Ces deux textes seront
prochainement transmis pour avis au Conseil d'Etat, qui examinera
à cette occasion l'ensemble des questions juridiques pertinentes,
notamment d'ordre constitutionnel. Le Gouvernement
souhaite qu'ils soient ensuite soumis au Parlement dans les
meilleurs délais.
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