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Cet
amendement, en provenance de l'opposition, a été reproduit
pour montrer toutes les difficulés possibles avec les assurances,
soulevés au cours du débat (Amendement rejeté)
MM. Terrasse, Bascou,
Mesquida, Le Déaut et les membres du groupe socialiste ont présenté
un amendement, n° 226, ainsi libellé :
" Après l'article
18, insérer l'article suivant : " Après le premier alinéa de l'article
L. 113-4 du code des assurances, il est inséré un alinéa ainsi rédigé
:
"
Ces dispositions ne s'appliquent pas dès lors que la commune sur
laquelle est établi le bien assuré dispose d'un plan de prévention
des risques naturels ou si elle est réputée être exposée à un risque
naturel prévisible tel que inondation, coulée de boue, glissement
de terrain. Dans ce cas, la probabilité de voir s'aggraver le risque
en cours de contrat est réputée connue par l'assureur à la signature
du contrat. "
M. Jacques Bascou.
Cet amendement est né de l'expérience des événements survenus dernièrement
dans le sud de la France. Je crois que le
souci qui anime ses auteurs est partagé sur tous les bancs de l'Assemblée,
puisque notre collègue Jean-Pierre Grand, député de l'Hérault, a
eu à constater les mêmes faits, tout comme Kléber Mesquida également
dans l'Hérault, et comme moi-même avant eux dans l'Aude.
Lorsqu'il y a eu
reconnaissance de l'état de catastrophe
naturelle, les assureurs se délient souvent de leurs engagements
au motif que les risques avaient évolué entre la date de signature
du contrat couvrant les biens dégradés et la date des événements
ayant entraîné ces dégradations.
Il faut donc mettre
les assureurs devant leurs responsabilités et réglementer
la possibilité qui leur est ouverte de dénoncer unilatéralement
un contrat d'assurance par suite d'un événement naturel exceptionnel.
Avis de la commission
? M. Alain Venot, rapporteur. Défavorable, car il y a là une source
de contentieux quasiment inépuisable. Qu'est-ce qu'une commune "
réputée être exposée à un risque naturel " ? La " réputation " est
une notion fragile, vaste et non définitive. De plus, la
commission a adopté, nous le verrons tout à l'heure, un amendement,
n° 346, qui tend à créer un article additionnel après l'article
27 et qui modifie le code des assurances pour éviter que celles-ci
ne soient trop promptes à réaliser leur contrat en cas d'aggravation
du risque.
Avis du Gouvernement
? Mme la ministre de l'écologie et du développement durable.
Des
dispositions existent déjà pour protéger les intérêts de l'assuré
: la fixation d'un taux de surprime unique, ou la possibilité qu'il
a de saisir le bureau central de tarification, en cas de refus d'assurance
par deux compagnies. J'émets donc un avis défavorable
à cet amendement.
M. Jean Lassalle.
Je voudrais dire tout d'abord que j'ai beaucoup apprécié les
propos liminaires de M. Cardo tout à l'heure et que je les fais
miens.
J'espère que le
projet que nous sommes en train de voter permettra d'y voir plus
clair, qu'il aidera à communiquer davantage et relancera un peu
la citoyenneté dans ces affaires, qui sont souvent des affaires
de vie ou de mort.
Cela étant dit,
pour en avoir fait plusieurs fois l'expérience, je dois dire que
les assureurs ne sont pas très clairs
dans ce genre d'affaires. Alors, je ne sais pas ce qu'il
faut leur faire ni ce qu'il faut prévoir, mais notre collègue Bascou
soulève quand même une vraie question. Moi, j'y suis passé à quatre
reprises, et je puis vous assurer que rien
n'y fait. Vous avez beau avoir un dossier classé en catastrophe
naturelle, vous avez beau avoir toutes les garanties, il y a toujours
quelque chose qui ne va pas.
Or, à ce moment-là,
le pauvre assuré a tellement de difficultés que ce n'est pas vers
l'assureur qu'il se retourne mais vers le maire, vers l'élu, vers
celui qui représente un pouvoir quelconque de proximité. C'est là
un vrai problème, qu'il va falloir essayer de résoudre d'une manière
ou d'une autre.
M. Jacques Bascou.
Cet amendement pose une vraie question, pour la bonne raison que
c'est dans la pratique qu'on voit effectivement comment les choses
se passent. On dit qu'il est possible de faire appel au bureau central
des assurances et donc d'engager un contentieux, mais il faut voir
dans quel état se trouvent les personnes sinistrées !
Et j'irai plus loin.
Dans le débat précédent, on a parlé de sanctions quand des travaux
n'étaient pas faits, que ce soit pour les risques technologiques
ou pour les risques industriels. Mais en fait, la sanction, elle
va être claire. J'ai participé à la commission d'enquête sur les
inondations, et les assureurs nous ont
dit plus ou moins clairement que si les prescriptions n'étaient
pas observées, ils n'assureraient plus ! Donc, ce qui
est important aujourd'hui, c'est de donner un signe.
Vous dites, monsieur
le rapporteur, que cet amendement sera satisfait par un autre amendement.
Mais il faut donner un signe pour que les gens qui sont sinistrés
soient effectivement défendus et, comme l'a dit mon collègue, puissent
compter sur les élus.
M. le président.
Je mets aux voix l'amendement n° 226. Il n'est pas adopté.
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