Lutter contre la délinquance

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L'insécurité, la première préoccupation des Français

La lutte contre la délinquance est, depuis très longtemps, une de mes principales préoccupations, aussi bien en tant que maire et qu’en tant que parlementaire. Devant une situation qui ne cesse de s'aggraver, nous devons réagir.

Au début des années 90, j’avais alerté, dans un rapport au Conseil National des Villes, les pouvoirs publics sur les graves risques de dérapage de la délinquance en soulignant la massification et le rajeunissement d’une délinquance toujours plus violente et mis en garde contre l’extension de cette délinquance et criminalité urbaines à des territoires jusque là relativement protégés.

Je regrette que mes propos aient été qualifiés, à l’époque, d’alarmistes et qu’ils soient restés sans suite. Il en va, hélas de même, de mes propositions concrètes, notamment en matière de responsabilisation des parents des mineurs délinquants.

Ma proposition de loi sur l'enfance en danger et les mineurs délinquants, discutée en mars 1999 à l’Assemblée nationale, a été rejetée par la majorité actuelle avec des arguments inadmissibles qui démontraient déjà, si besoin était, l’angélisme ou, pour reprendre les récents propos du Premier Ministre, la naïveté du gouvernement et de sa majorité.

Les faits de plus en plus graves, notamment les atteintes aux personnes et aux enfants, qu’ils soient l’œuvre de mineurs de plus en plus violents ou de grands criminels, ne cessent malheureusement de se développer et, si rien n’est fait très rapidement, il faut craindre le pire pour notre vie quotidienne et l’avenir de notre pays.

A mon avis, et je l’ai exprimé au Parlement lors du débat sur la loi “Sécurité Quotidienne”, la réponse à l'insécurité passe par la remise à plat complète de notre système préventif aussi bien que répressif.

  • Elle implique la remise en question d'une école primaire qui amène le tiers de ses enfants, dans les quartiers sensibles, à ne maîtriser ni le français ni le calcul.
  • Elle exige la responsabilisation des parents, qui abandonnent à la rue l'éducation de leurs enfants, par la mise en oeuvre d'un contrat éducatif appuyé éventuellement sur leurs allocations familiales.
  • Elle requiert une remise en cause de nos pratiques sociales qui déresponsabilisent les parents de tout enfant repéré comme ayant des problèmes.
  • Il faut se donner les moyens de détecter au plus tôt les enfants qui partent à la dérive par une action concertée entre l’école, le secteur social, le tissu associatif et les élus au lieu d’attendre une prise en charge judiciaire d’enfants de 15-16 ans qui sont délinquants depuis l’âge de 8 - 9 ans.
  • Il faut renforcer les moyens pédopsychiatriques, notamment dans les collèges, où l'éducation nationale n'a pas jugé nécessaire de prévoir un suivi psychologique pour les adolescents, alors qu'il existe dans le primaire.
  • Il faut renforcer les pouvoirs et les moyens de la police dans les secteurs difficiles, et assurer à ces fonctionnaires une meilleure formation et un autre statut. Les douanes et les brigades fiscales doivent épauler la police nationale dans les quartiers difficiles, afin de lutter contre les différents trafics.
  • Il faut accroître le nombre d'officiers de police judiciaire, seuls à même de mener des enquêtes permettant de faire aboutir les plaintes et à arrêter les auteurs, plutôt que de recruter, pour faire du chiffre, des adjoints de sécurité mal formés.
  • La police de proximité, si tant est qu’elle soit dotée des moyens suffisants, doit être présente dans les lieux et aux horaires où la délinquance se développe et ne peut se limiter à une présence diurne.
  • Dans chaque département, une politique pénale en direction des mineurs doit être coproduite, en s'appuyant sur les travaux des groupes de traitement local de la délinquance. Il faut augmenter le nombre de juges et de substituts des mineurs et imposer aux futurs magistrats, pendant les études à l'Ecole Nationale de la Magistrature, un stage dans les communes ayant des quartiers relevant de la politique de la ville.
  • Il faut adapter l'ordonnance de 1945 en abaissant de 13 à 10 ans l'âge auquel les mineurs deviennent pénalement responsables. En cinquante ans, une société change forcément et je rappelle que, lorsque cette ordonnance a été adoptée, la majorité était à 21 ans. Elle est aujourd'hui à 18 ans.
  • Il faut augmenter les moyens consacrés à l'aide éducative en milieu ouvert et créer des internats adaptés pour les jeunes délinquants comme les Pôles d’Accueil de Jeunes en Difficultés et les Maisons de l’Espoir dont j’ai fait adopter la création par le Conseil Général des Yvelines
  • Il faut reconnaître aux maires un rôle dans la conception et la mise en œuvre des politiques de prévention, mais aussi de répression, non pour en faire des shérifs, mais des chefs d'orchestre. On parle de coproduction de la sécurité : où l'organiser mieux qu'à l'échelon de la commune ?
  • Les services de police et de gendarmerie doivent être dotés des moyens matériels adaptés à la lutte contre la délinquance et la criminalité organisée, notamment le trafic de drogues.
  • La justice enfin doit être dotée des moyens à la hauteur des enjeux avec un plan ORSEC pour la justice et la police car le jour où les délinquants auront peur de la justice, ils auront peur de la police.
  • Enfin, il faut une vraie loi pour lutter contre les mouvements collectifs de violence qui se produisent dans certains quartiers, une loi qui sanctionne tous ceux qui auront contribué à ces émeutes.

Mais tout ceci nécessite d'abord une réelle volonté politique que le gouvernement de gauche n'a jamais eue.