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Les
infirmières et infirmiers libéraux traversent une grave
crise
Notre système de santé traverse actuellement une crise grave et je suis particulièrement sensible aux préoccupations plus spécifiques des infirmières et infirmiers libéraux :
Avant la fin de la session parlementaire, le Groupe Démocratie Libérale auquel j’appartiens à l’Assemblée Nationale, comme l’ensemble des groupes de l’opposition, n’a cessé d’interpeller le gouvernement sur ces problèmes. Pour ma part, j’ai interpellé le gouvernement à 8 fois sur les différents problèmes que cette profession, indispensable à une santé de bonne qualité, peut rencontrer. Je déplore qu’il ait fallu attendre la fin janvier pour que le gouvernement se décide enfin à rencontrer les infirmiers libéraux et que la CNAM fasse quelques propositions, loin de répondre réellement à vos problèmes. La revalorisation de 10% des actes médicaux et des frais de déplacements reste très en deçà de la progression du coût de la vie, de l’augmentation de vos charges et la revalorisation des actes de soins a été reportée après les élections. Rien n’est par contre prévu pour les quotas de soins, les conditions de travail, la reconnaissance véritable du diplôme d’infirmier ou l’âge de départ à la retraite. Ceci démontre l’incompréhension totale du gouvernement des véritables problèmes des infirmier(e)s qui sont un maillon indispensable dans notre système de santé et qui doivent faire face à une augmentation importante des besoins de la population, notamment à un moment où la durée de vie s’allonge et où tout le monde s’accorde pour favoriser le maintien à domicile des personnes âgées, souvent dépendantes. Bien que dans la majorité parlementaire de l’époque, j’ai été un des rares parlementaires, avec Alain MADELIN, à m’opposer en 1995 à la réforme Juppé et aux lois dites « d’équilibre » qui a conduit à une étatisation rampante du système de santé, encore aggravée par la majorité actuelle. Il nous appartient aujourd’hui de mettre un terme à ce système qui enferme l’ensemble de notre santé dans un carcan administratif. Ceci qui va bien au-delà des quelques vagues affirmations du gouvernement sur le thème « Je vous ai compris ». Sans vouloir prétendre être un spécialiste des questions de santé, il me paraît indispensable de revoir le statut de l’infirmier et le décret de compétence de 1993. Il est en effet inadmissible de voir le diplôme d’infirmier dévalorisé, la CNAM inciter à la pratique de soins infirmiers par des personnes non qualifiées et la restriction du droit des patients au choix d’un infirmier diplômé, le tout sous prétexte de maîtrise comptable. Je suis favorable à la suppression de la logique comptable et à la prise en compte de l’ensemble des actes, du temps que les infirmier(e)s consacrent à assister les personnes qui ont besoin de soins, mais aussi des soins de vie dispensés personnes âgées et/ou dépendantes qui ont souvent besoin d’une aide quotidienne, autant que de soutien moral. L’infirmier(e) reste d’ailleurs, pour nombre d’entre elles, le dernier contact humain quotidien. Enfin, il est inadmissible que ni le gouvernement, ni la CNAM n’aient intégré les missions nouvelles et les besoins nouveaux qui incombent aux infirmier(e)s depuis la mise en place de la CMU et de l’émergence des nouvelles demandes qui en découlent. Au lieu de dénigrer cette profession, de la sanctionner, conduisant les malades à subir les conséquences des sanctions consécutives au dépassement des quotas, il faut au contraire revaloriser de façon conséquente l’ensemble des actes et prendre en considération l’augmentation des coûts. Cela passe aussi par une simplification des procédures fiscales et la baisse les charges sociales qui pèsent sur la profession et qui peuvent aller jusqu’à 60%. Mais l’amélioration des conditions de travail passe aussi par une réforme du système actuel de retraite afin de mieux considérer la pénibilité du travail et une prise en compte du problème des remplacements, sans oublier une accélération des remboursements d’actes effectués par les infirmier(e)s par la CNAM. Je ne peux partager la position du gouvernement qui accuse les infirmier(e)s de participer à la dérive des dépenses de santé, alors que les infirmier(e)s libéraux participent à peine pour 15 milliards de francs aux dépenses de santé qui s’élèvent à près de 700 milliards. Les infirmier(e)s contribuent, de façon majeure, au maintien du lien social dans notre pays et il est aujourd’hui indispensable que nous reconnaissions leur rôle à sa juste valeur. La mise en place d’une meilleure santé n’est pas obligatoirement synonyme d’une santé plus chère à condition que nous soyons capables d’associer, dans un vrai dialogue, l’ensemble des acteurs de santé, plutôt que d’en traiter certains par le mépris. Les infirmier(e)s, au même titre que les autres acteurs, doivent devenir des partenaires à part entière de notre système de santé comme le propose le Groupe Démocratie Libérale auquel j’appartiens et son Président Alain MADELIN. Il faut concilier la nécessaire maîtrise des dépenses de santé avec un souci de professionnalisation et de bonne pratique auxquelles je vous sais attachés. Enfin, la recherche d’une meilleure sécurité, notamment des acteurs de la santé dans un certain nombre de zones difficiles, est un des enjeux majeurs des semaines et des mois à venir. Je suis déterminé à y contribuer. |
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